Entre janvier et juin 2024, les projets agricoles au Cameroun ont perçu des financements d’un montant global de 8,4 milliards de Fcfa. Ces décaissements sont principalement destinés à 4 projets notamment la deuxième phase du projet d'appui au développement des filières agricoles (PADFA) financée par le Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida) à hauteur de 3,7 milliards de Fcfa, la réalisation des plantations de manioc soutenue par l’Inde avec 2,4 milliards de Fcfa, le projet agricole chaîne de valeurs de la Banque islamique de développement (BID) pour 2,1 milliards de Fcfa et le projet de développement des chaines de valeurs agricoles (PD-CVA), investit par la Banque africaine de développement (BAD) en raison de 199 millions de Fcfa.
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Provenant de bailleurs de fonds internationaux, les financements des projets agricoles au Cameroun affichent une nette régression de près de 50% par rapport aux 15,2 milliards décaissés à la même période un an plus tôt. Contacté par EcoMatin, le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) a indiqué que cette baisse est consécutive au caractère évolutif des projets. « Le financement international prend en compte plusieurs éléments. Dans le cas spécial du projet de plantations de manioc, on relève l’identification et l’aménagement des surfaces à exploiter, la production de la semence améliorée de manioc, la production et la transformation ». Initié en 2014 avec pour but de planter 4 000 hectares de manioc dans la ville et les environs de Sangmélima, région du Sud, ledit projet encore appelé « agropole manioc » veut de ce fait entamer l’étape de production et transformation.
Pour les 3 autres projets, notre source précise que « à date, seul le comité de pilotage peut renseigner sur leur évolution et ceci sera fait avant la fin de l’année en cours ». Cependant, concernant le projet Padfa on décompte 2 composantes techniques notamment l’appui à la production et l’appui à la structuration des filières et l'accès à la diversité alimentaire. Le PD-CVA lui, a 3 importantes composantes que sont le développement des infrastructures d'appui aux chaines de valeurs (usine de transformation, périmètres agricoles etc), l’insertion des jeunes diplômés en agriculture dans les chaines de valeur et le financement des acteurs des chaînes de valeur en matière de production et de transformation.
Autosuffisance alimentaire
A travers les projets agricoles, le gouvernement camerounais entend migrer vers l’agriculture de seconde génération avec une meilleure production agricole, une mécanisation des surfaces cultivables et un financement des petits et moyens producteurs qui contribuent pour l’essentiel à la production locale. Ainsi, les moyens mis en jeu devraient permettre d’améliorer significativement la production des filières comme le blé, du riz, de l’huile de palme tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Par exemple, une importante production et une transformation locale du manioc en farine panifiable, pourrait contribuer à la réduction très importante des importations de blé, situées à 887 400 tonnes en 2023 pour des dépenses de 178,3 milliards de Fcfa, selon l’INS.
L’objectif principal serait donc la mise en œuvre de la politique d’import-substitution avec en prime une autosuffisance alimentaire. A ce sujet, le Minader annonçait en décembre dernier que près de 3 millions de personnes (10,6% de la population totale) étaient touchées par l’insécurité alimentaire aiguë et 5,7 millions de personnes (20,7%) vivent dans une situation de stress alimentaire au Cameroun. La réalisation de ces projets agricoles entre donc en droite ligne avec le plan triennal intégré d’import-substitution 2024-2026 (Piisah) et dont la réalisation nécessite un budget prévisionnel de 1 371, 5 milliards de Fcfa. A terme, le Piisah devrait permettre la sécurisation et l’aménagement des périmètres hydroagricoles, pastoraux et halieutiques dans le septentrion plus 1, 3 million d’hectares de terres pour la culture du riz, du maïs, du soja, entre autres, concourant ainsi à la satisfaction de la demande nationale de ces produits de consommation massive.










