Le gouvernement camerounais prépare une profonde transformation de la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME), avec l’ambition d’en faire une institution publique de développement dédiée au financement indirect des petites et moyennes entreprises. Selon un appel à manifestation d’intérêt lancé par le Comité national économique et financier (CNEF), les autorités recherchent un cabinet chargé de réaliser une due diligence financière complète de la banque publique et d’élaborer un plan d’affaires pour son repositionnement comme « banque de second niveau ».
Le projet est soutenu par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’appui au développement du secteur financier camerounais à l’horizon 2030 (PA-SNDSF 2030). Il prévoit une refonte du modèle économique de la BC-PME, créée en 2015 pour financer directement les PME mais fragilisée ces dernières années par des pertes récurrentes et des difficultés de gouvernance.
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Dans le schéma envisagé, la future BC-PME ne fonctionnerait plus comme une banque commerciale classique collectant des dépôts. Elle agirait plutôt comme une institution de financement de développement de second rang, destinée à refinancer des établissements financiers partenaires afin de soutenir l’accès au crédit des PME à des coûts plus abordables.
Le document consulté par EcoMatin prévoit notamment une revue complète du portefeuille de la banque, une réévaluation des actifs et des provisions, ainsi qu’une estimation des besoins de recapitalisation au regard des exigences prudentielles de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Le cabinet recruté devra également proposer une nouvelle architecture de gouvernance, définir les produits financiers de la future institution et identifier les partenaires techniques et financiers susceptibles d’accompagner sa relance.
Cette réforme intervient alors que l’État camerounais, actionnaire unique de la BC-PME, a récemment approuvé le principe d’une augmentation du capital social de la banque de 20 à 60 milliards de FCFA, via l’injection de ressources issues du Plan intégré d’import-substitution agropastorale et halieutique (Piisah).
Longtemps présentée comme un instrument clé de financement des PME camerounaises, la BC-PME peine toutefois à atteindre ses objectifs depuis son lancement. L’établissement a accumulé plusieurs exercices déficitaires ces dernières années, dans un contexte également marqué par des sanctions disciplinaires infligées en 2023 par la Cobac à son ancienne directrice générale pour manquements réglementaires et défaillances de gouvernance.

