Au Congo, une usine de traitement de gaz d’une capacité de 5 millions de m³ par jour a été inaugurée le 17 novembre au Sud du pays par le Chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso. Construite par Wing Wah, filiale du groupe chinois Southernpec sur le champ Banga-Kayo aux encablures de Pointe-Noire, en partenariat avec la société nationale des hydrocarbures du Congo (SNPC), l’unité devrait produire, selon les prévisions des promoteurs, 219 000 tonnes de propane, 151 000 tonnes de butane, 88 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et 250 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), en plus d’un volume important de gaz sec. « À pleine capacité, nous traiterons 5 millions de m³ par jour… C’est un changement d’échelle majeur pour la République du Congo », a souligné Li Jin Qiang, vice-président de Wing Wah.
L’usine, qui intègre traitement, compression, liquéfaction, stockage et logistique, s’inscrit dans un vaste programme gazier déployé en trois phases (2024-2026). Selon Wing Wah, chaque étape augmentera la capacité, améliorera la qualité et renforcera les retombées économiques. Le projet s’adosse à des investissements cumulés dépassant 27 milliards de dollars (environ 16 200 milliards FCFA), incluant la réalisation d’infrastructures lourdes – gazoducs, oléoducs, centres de traitement, routes industrielles – et le forage prévu de plus de 1 400 puits de pétrole sur vingt ans pour atteindre une capacité de production de brute de 200 000b/j. « Grâce à cette impulsion, nous sommes passés de 8 000 barils équivalent pétrole en 2021 à 58 000 aujourd’hui », a rappelé Li Jin Qiang.
Lire aussi: Le Congo émet un eurobond de 670 millions $ pour refinancer sa dette intérieure
L’une des principales retombées de ce développement est le renforcement de la place du Congo dans le cercle des pays exportateurs de GNL, aux côtés de la Guinée équatoriale et du Cameroun. « Cet investissement contribue indubitablement à écrire une nouvelle page de l’histoire énergétique nationale », a affirmé le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua.
Ce nouvel actif gazier s’ajoute au projet Marine XII opéré par l’italien Eni, qui a permis au Congo d’exporter 600 000 tonnes de GNL en 2024, volume qui pourrait atteindre 1,4 million de tonnes d’ici fin 2025. Avec des capacités en pleine expansion, le pays se positionne désormais comme un concurrent direct du Cameroun qui produit environ 1,6 million de tonnes et exporte environ 1,3 millions—volumes modestes malgré le projet FLNG — et de la Guinée équatoriale, longtemps référence régionale avec plus de 3 millions de tonnes de GNL exportées annuellement.
Lire aussi: Congo : la SNPC obtient le feu vert pour la prise de contrôle total du champ pétrolier de M’Boundi










