Le Fonds monétaire international (FMI) intensifie ses appels à la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) pour qu'elle applique des sanctions aux États membres, ne respectant pas les critères de convergence. Ces critères, établis pour assurer la stabilité économique et financière de la région, comprennent notamment un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB, une dette publique en dessous de 70% du PIB et une inflation maîtrisée sous la barre des 3%.
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Or, en 2024, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) signale une inflation moyenne de 4,0% dans la région, avec des taux au-dessus de la norme communautaire au Cameroun (4,4%), en Centrafrique (4,7%), au Congo (4,0%), en Guinée Equatoriale (4,0%) et au Tchad (4,9%), contrairement au Gabon (2,1%). Côté dette publique, si la moyenne sous-régionale reste à 50,8% du PIB, certains pays comme le Congo (99,0%) qui a accusé 2 défauts de paiement l’an dernier sur le marché des titres publics de la Beac et le Gabon (72,1%) qui est parvenu à solder son eurobond 2015 le 10 février dernier avec une levée de 520 millions USD (plus de 325 milliards FCFA) sur le marché international de la dette via un placement privé avec un rendement record de 12,7%, excèdent largement le plafond autorisé (70% du PIB).
Manque de volonté politique (?)
Face à ces disparités, le FMI pointe du doigt l'absence d'application stricte des sanctions prévues par le pacte de convergence. Officiellement, plusieurs mécanismes existent pour contraindre les États à se conformer : surveillance multilatérale, recommandations formelles, restrictions d’accès aux financements communautaires et sanctions institutionnelles. Cependant, dans la pratique, la Cemac hésite à appliquer ces mesures par crainte de créer des tensions politiques entre pays membres. Le Conseil des ministres des Finances de la région préférant publier de simples communiqués plutôt que de prendre des décisions coercitives, note le FMI dans un rapport sur la Cemac, publié en décembre 2017. L’institution de Bretton Woods estime que les sanctions actuelles ont un impact limité et peinent à corriger les dérives budgétaires. En conséquence, plusieurs pays continuent d'outrepasser les seuils fixés sans subir de répercussions significatives.
Le FMI pour des sanctions plus strictes
Pour remédier à cette inertie, le FMI exhorte la Cemac à renforcer ses mécanismes de surveillance et à appliquer des mesures correctives appropriées. Parmi les options envisagées figurent l'imposition de pénalités financières, bien que leur application soit jugée complexe en raison des difficultés budgétaires de certains États. Une autre piste serait de réduire l'accès aux financements de la Banque de Développement des États de l'Afrique Centrale (Bdeac) pour les pays non conformes. Cette mesure inciterait les États à respecter les règles en leur garantissant une redistribution des ressources, récompensant ainsi leur discipline budgétaire.
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En renforçant la discipline budgétaire et en appliquant réellement les sanctions prévues, la Cemac pourrait ainsi améliorer la crédibilité de son cadre macroéconomique et réduire les risques pesant sur la stabilité de l’union monétaire. Le FMI préconise une action rapide pour garantir que la convergence économique ne demeure pas un simple engagement de principe, mais devienne une réalité incontournable pour tous les États membres.








