Les créances dues à la Société immobilière du Cameroun (SIC) ont atteint 9,2 milliards FCFA en 2025, en hausse de 1,4 milliard FCFA (+18,63 %) par rapport à 2024. Ces créances correspondent aux montants que la SIC attend de ses différents clients, qu'il s'agisse des loyers des logements qu'elle met en location, des ventes immobilières ou encore des prestations qu'elle réalise pour le compte de l'État. Selon les états financiers consultés par EcoMatin, cette progression s'explique notamment par « l'augmentation des créances irrécouvrées auprès des particuliers », mais aussi par les retards persistants de paiement des administrations publiques.
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À eux seuls, les ministères et autres organismes publics concentrent plus de 7,6 milliards de FCFA de créances. Le ministère de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu), tutelle technique de la SIC, demeure de loin le plus gros débiteur avec 4,6 milliards de FCFA. Cette somme correspond aux prestations réalisées par la SIC en qualité de maître d'ouvrage délégué pour les projets de logements sociaux d'Olembé, à Yaoundé, et de Mbanga Bakoko, à Douala.
Les comptes de l'entreprise précisent d'ailleurs qu'il s'agit de créances certaines, liquides et exigibles, autrement dit de factures reconnues et arrivées à échéance, mais dont le paiement est toujours attendu.
Viennent ensuite les loyers dus par les ministères de la Défense et des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, qui totalisent 2,49 milliards de FCFA. Ce montant est près de trois fois supérieur aux 927,9 millions de FCFA recensés dans le dernier rapport de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) publié en 2022, traduisant une nette aggravation des arriérés de ces administrations.
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Le reste des créances provient des particuliers, qui doivent 947,5 millions de FCFA à la SIC, des commissions sur mandat de gestion dues par l'État (509,2 millions de FCFA) ainsi que de certaines institutions publiques, notamment l'Assemblée nationale et l'Université de Garoua (62,9 millions de FCFA).
Malgré des méthodes de recouvrement déployées notamment des campagnes de recouvrement et d'identification des clients dans les cités, plusieurs écueils persistent. Le rapport de la SIC pointe du doigt des procédures administratives longue en matière de recouvrement, l’absence de poursuite judiciaire des clients partis avec des impayés, la croissance du phénomène de la sous-location et surtout des institutions, notamment les factures des ministères encore en instance de paiement auprès des paieries spécialisées.
Pourtant, c’est depuis 2019 que Ahmadou Sardaouna, le Directeur général de la SIC avait lancé une vaste campagne d’identification des locataires et occupants de ses propriétés immobilières. Cette campagne sera couplée d’une opération de recouvrement des arriérés locatifs. A cette période, l’entreprise publique au capital social de 75 milliards FCFA, rassurait que « ce processus se fera sans complaisance sur tous les logements Sic, quelle que soit la qualité des locataires » et menaçait de résilier le contrat de bail et d’expulser les locataires indélicats.
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En 2022, la SIC créée il y a 74 ans, disposait d’un parc immobilier constitué de 5 334 logements. Un chiffre qui s’est sans doute amélioré entretemps même si, le déficit en logements lui, reste estimé à 2,5 millions d’unités. Malgré es arriérés, l’entreprises affiche des points positifs sur ses résultats financiers. Son chiffre d’affaire bondit de 42% à 5 milliards FCFA en 2025 de même que son résultat net s’établit à 878,5 million FCFA (+48%).

