L’Union européenne a lancé, le 2 décembre à Lomé (Togo), le projet régional "Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa" (SCOPE Africa). C’est un programme de 7,8 milliards FCFA (12 millions d'euros), entièrement financé par l’institution, destiné à renforcer la sûreté, la sécurité et la performance des corridors et installations portuaires dans dix ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dont Douala et Kribi au Cameroun, Libreville au Gabon et Pointe-Noire au Congo. « Cette initiative vise à sécuriser les corridors, ports et échanges en Afrique de l’Ouest et du Centre », précise le communiqué de l’UE. Mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec Enabel, le programme s’inscrit dans une durée de quatre ans.
Le dispositif prévoit une harmonisation des pratiques portuaires avec les normes internationales, un renforcement des capacités opérationnelles et de gestion de crises, ainsi que la professionnalisation des acteurs portuaires, avec un accent sur l’inclusion. Cette montée en puissance répond à des besoins croissants : la région enregistre une progression annuelle de 7 % de ses flux maritimes d’après l’UE, mais reste confrontée à des risques industriels, au trafic illicite, aux pressions environnementales et à une insécurité persistante dans le golfe de Guinée.
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L’initiative intervient alors que la piraterie maritime a augmenté de 20 % dans le golfe de Guinée au début de 2025, selon l’Union africaine. La zone, riche en hydrocarbures et stratégique pour les échanges mondiaux, connaît une recrudescence des attaques contre navires pétroliers, vraquiers et porte-conteneurs, ainsi que du trafic d’armes, de drogues et de carburant. Ces menaces affectent directement les économies portuaires régionales et fragilisent les chaînes logistiques.
Le golfe de Guinée qui regroupe les côtes Ouest-africaines et centrales, demeure un foyer majeur de criminalité maritime, même si le Bureau maritime international (OIM) avait relevé en 2024 une baisse temporaire des incidents avec douze cas enregistrés. Les experts internationaux soulignent que la montée récente des attaques appelle à un renforcement coordonné des dispositifs de surveillance et de coopération régionale, objectif auquel SCOPE Africa entend contribuer dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne.
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