À fin novembre 2024, l'encours de la dette des pays membres de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (Cemac) sur le marché des titres publics de la Banque des États de l'Afrique Centrale (Beac) a progressé de 2,38% par rapport au mois précédent, témoignant d'une dynamique croissante. Selon les données officielles publiées par la banque centrale, le montant total des ressources mobilisées par les Trésors des États est passé de 7 167,7 milliards de Fcfa en octobre à 7 338 milliards de Fcfa en novembre. Cette évolution marque une nette accélération depuis les débuts du marché des valeurs du Trésor en 2011, lorsque l'encours s'élevait à seulement 50 milliards de Fcfa. Pour la Beac, cette forte croissance reflète la vitalité croissante du marché primaire des Bons et Obligations du Trésor assimilables (BTA et OTA), qui continue de jouer un rôle crucial dans le financement des économies de la région.
Sur ce marché, les Trésors les plus actifs sont respectivement ceux du : Congo avec un encours de 2 648 milliards de Fcfa (35,4 %) ; Gabon avec 23% du total (1 691 milliards de Fcfa) ; et Cameroun avec un encours de 1 539 milliards de Fcfa représentant ainsi 21,6% de l'enveloppe globale. Le Tchad (901 milliards de Fcfa) et la Guinée Equatoriale (292 milliards de Fcfa) restent à un niveau de participation moyen. La République centrafricaine quant à elle occupe le peloton de queue avec un encours des valeurs en circulation estimé à 267 milliards de Fcfa et représente 3,8 % du total.
Priorité aux titres longs
S’il y’a 13 ans, les BTA, qui sont des titres de courte maturité (ne dépassant pas 1 an), étaient exclusivement sollicités, aujourd’hui, le portefeuille des valeurs du Trésor a été reconfiguré. Depuis le début de l’année 2020 notamment, les Etats de la Cemac manifestent une préférence pour les émissions d’OTA (longue maturité). A fin novembre 2024, les OTA représentent 79,2% du portefeuille global des titres, soit un encours de 5 812 milliards de Fcfa. Le recours de plus en plus croissant des Trésors publics à cet instrument traduit, selon la Beac, une consolidation progressive de la confiance des investisseurs aux signatures souveraines des Etats de la Cemac, malgré la politique monétaire rigide mise en place pour combattre l'inflation. Sollicités à 20,8% seulement, les BTA représentent un encours de 1 526,3 milliards de Fcfa.
Ainsi, la hausse de l’encours des titres publics illustre la capacité des États de la sous-région à répondre à leurs besoins de financement croissants. Toutefois, « cette progression est la plus faible depuis 2018, en raison des conditions de crédit strictes et du maintien des taux directeurs à 5% pour la septième fois consécutive en décembre 2024 », fait savoir dans son analyse financière, Harvest Asset Management, une société de bourse agréée en Cemac. Relevons qu’en raison du repli des cours du pétrole et du ralentissement de la croissance sous-régionale, l’endettement sur le marché a progressé, atteignant 10,9% du PIB sous-régional, contre 9,2% en 2023.
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