La Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) a retiré l'agrément prudentiel de la Caisse d'Épargne et de Crédit pour les Initiatives Locales (CECIL), un établissement de microfinance de première catégorie agréé depuis 2008. La décision, prise le 25 mars 2026 et rendue publique le 1er juillet, entraîne la liquidation d'office de l'institution. Le régulateur a désigné Nicholas Achiri Asangwe comme liquidateur pour une durée maximale d'un an, renouvelable. Sa mission consistera à réaliser les actifs de la microfinance et à apurer son passif, afin de procéder au règlement des créanciers selon les règles en vigueur.
Une gouvernance déjà fragilisée
Cette décision intervient dans un contexte de difficultés de gouvernance qui avaient déjà conduit le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à suspendre à titre conservatoire, en 2023, le président du conseil d'administration de la CECIL, Désiré Batamke. Il lui était reproché des violations répétées du règlement de la Cobac de 2017 relatif au gouvernement d'entreprise.
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Selon la décision ministérielle, l'intéressé s'immisçait de manière récurrente dans la gestion quotidienne de l'établissement, en contradiction avec les dispositions imposant une séparation entre les fonctions de contrôle exercées par le conseil d'administration et celles de gestion relevant de la direction générale. Le ministère des Finances estimait alors que ces pratiques étaient de nature à compromettre les intérêts de la microfinance et la protection des déposants. La régularité de sa désignation à la présidence du conseil d'administration était également mise en cause.
Un nouveau signal pour le secteur
Créée en 2007 sous forme de société coopérative, la CECIL finançait principalement les activités agricoles, commerciales, artisanales et d'élevage. Son retrait d'agrément intervient dans un contexte de poursuite de l'assainissement du secteur de la microfinance par la Cobac.
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À fin 2025, le Cameroun comptait 385 établissements de microfinance agréés. Malgré ce maillage important, le secteur reste marqué par plusieurs liquidations, mises sous administration provisoire et retraits d'agrément prononcés ces dernières années. Les autorités monétaires multiplient les mesures destinées à renforcer la gouvernance, la solvabilité et la protection des épargnants.

