Plusieurs années après le départ d’ExxonMobil, dernière compagnie pétrolière américaine ayant exercé au Tchad, les États-Unis signent leur grand retour dans l’exploitation du sous-sol tchadien. Selon un communiqué daté du 12 août, le Centre américain pour la diplomatie (USCD) annonce la signature d’un protocole d’accord stratégique avec la République du Tchad, portant sur le développement des minéraux de terres rares, du pétrole et du gaz. « C’est bien plus qu’un accord minier : il s’agit de mettre fin à des conflits, de sauver des vies et d’améliorer les communautés pour les générations à venir », a déclaré le Dr Rollan Roberts, président de l’USCD.
L’accord, conclu à N’Djamena, a été signé par le Dr Rollan Roberts et le Dr Issa Mahamat Abdelmahmout, conseiller présidentiel du Tchad. Il scelle ainsi un engagement bilatéral pour une coopération pluriannuelle dans les secteurs extractifs mais aussi dans l’éducation, la technologie et la sécurité. La délégation américaine comprenait notamment Drew Horn, PDG de GreenMet – société américaine spécialisée dans la sécurisation d’approvisionnement en minéraux critiques –, le président émérite du Sénat de Virginie-Occidentale, Craig Blair, et le sénateur Jack David Woodrum. Selon ses promoteurs, l’initiative doit servir de modèle pour d’autres partenariats en Afrique.
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Ce rapprochement intervient dans un contexte commercial tendu entre les deux pays. Le président américain Donald Trump a récemment imposé, depuis le 7 août, un tarif douanier réciproque de 15 % sur les importations tchadiennes, dans le cadre de sa politique « America First ». En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises s’élevaient à 140,8 millions de dollars, avec un déficit américain de 20,9 millions. Washington voit néanmoins dans ce protocole d’accord une opportunité de consolider les liens économiques, à condition de résoudre aussi les différends en matière de visas, source de frictions diplomatiques ces derniers mois.
L’histoire entre les majors américaines et le Tchad est marquée par le départ d’ExxonMobil en 2022, après deux décennies de présence dans le bassin de Doba. À l’époque, un différend sur la fiscalité pétrolière et les tensions politiques avaient refroidi la coopération. L’accord signé en août 2025 marque donc un retour remarqué des investisseurs américains dans un secteur stratégique, sur fond de rivalités géopolitiques et de quête de nouveaux approvisionnements en ressources critiques.
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