Moody's Ratings a relevé la perspective de la note souveraine du Congo-Brazzaville de « stable » à « positive », tout en maintenant sa notation à « Caa2 », une catégorie qui demeure associée à un risque de crédit très élevé. Dans sa note publiée le 26 mai dernier, Moody’s estime que Brazzaville bénéficie désormais d’un « accès renouvelé aux marchés internationaux des capitaux », grâce aux émissions obligataires réalisées depuis fin 2025.
Le risque s’est atténué
L’agence considère que ces opérations ont permis de réduire sensiblement les risques de refinancement à court terme qui pesaient sur les finances publiques congolaises. Depuis novembre 2025, le Congo a levé près de 2,5 milliards de dollars sur les marchés internationaux à travers plusieurs émissions obligataires arrivant à maturité entre 2032 et 2036. La dernière opération en date, réalisée le 20 mai 2026, a permis au pays de mobiliser 850 millions de dollars à un taux de 9,5 %, contre 13,7 % lors de son précédent retour sur les marchés quelques mois plus tôt. Pour Moody’s, ces opérations « réduisent matériellement les risques immédiats de refinancement » et diminuent la dépendance du Congo au marché régional de la CEMAC, décrit comme de plus en plus saturé et coûteux.
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Autre élément jugé favorable : les discussions engagées avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme économique et financier. Moody’s considère que les futures réformes soutenues par le FMI « pourraient renforcer la gestion des finances publiques », notamment le contrôle des dépenses, la gestion de trésorerie et le remboursement des arriérés. L’agence met également en avant l’effet favorable de la hausse des prix du pétrole et du développement du gaz naturel liquéfié (GNL). Les hydrocarbures représentent environ 40 % du PIB, près de 50 % des recettes publiques et 90 % des exportations du Congo.
Une dette qui frôle 100% du PIB
L’agence américaine de notation souligne par ailleurs que la capacité de production de GNL du pays est passée de 0,5 million de tonnes fin 2025 à 3 millions de tonnes début 2026, ce qui pourrait soutenir les recettes extérieures dans les prochaines années. Malgré cette amélioration de perspective, l’agence maintient une appréciation très prudente du profil financier du Congo. Le maintien de la note « Caa2 » reflète notamment « un lourd fardeau de dette », estimé à 98 % du PIB en 2025, ainsi que la persistance d’importants arriérés de paiement représentant environ 13 % du PIB.
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Cette analyse rejoint les récentes appréciations de S&P Global Ratings, qui estimait le 25 mai que le rachat par Brazzaville de 564 millions de dollars de dette obligataire « signale un assouplissement de l’accès du pays aux marchés internationaux des capitaux ». S&P observait notamment que les rendements des Eurobonds congolais avaient baissé plus rapidement ces dernières semaines que ceux du Gabon ou du Cameroun, traduisant une amélioration de la perception du risque congolais par les investisseurs.

