Dans une interview exclusive accordée le 24 mars dernier à la chaîne de télévision Gabon 24, Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’exécutif de transition au Gabon a été invité à s’exprimer sur l’endettement du pays, suite à la récente décision d’abaissement de la note souveraine par l’agence Fitch Ratings. Concernant la dette due aux bailleurs de fonds internationaux (BAD, BID, FMI, Banque mondiale) le dirigeant dit être jour de toutes ses obligations en matière de service de la dette après quelques retards de paiements dues à la Banque mondiale.
Concernant la dette intérieure, Oligui Nguema indique que des opérations de restructurations ont été réalisées à l’effet de lisser le profil de remboursement du pays. « Nous avons reprofilé notre dette intérieure à hauteur de 1 450 milliards FCFA et nous l’avons titrisé à 6,4% d’intérêt », a-t-il déclaré, ajoutant : « je voudrai remercier tous les directeurs généraux de banque qui nous ont aidé à reprofiler notre dette intérieure ». Oligui Nguema ne donne pas de détails sur les contours de cette opération qui selon lui a permis d’atténuer les remboursements dans un contexte de tensions trésorerie. Elle aurait été réalisée via le marché des titres publics de la BEAC. Le Congo a également réussi une opération similaire afin de rééchelonner les remboursements sur sa dette intérieure de marché.
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La gestion de l’endettement est devenue cruciale pour le Gabon, qui doit faire face à d'importantes échéances sur sa dette en 2025 et 2026, dans un contexte où l'agence Fitch anticipe une détérioration des prix du pétrole à 70 USD/baril en 2025 et à 65 USD/baril en 2026 contre 80 USD/baril en 2024. Pour se tirer d'affaires, Fitch s'attend à ce que le pays accroche, cette année, un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international, (FMI) assorti d'un premier décaissement.
Toutefois, le pays doit encore faire des efforts en matière de priorité budgétaire en réduisant les dépenses non-essentielles. Sous l'effet de l'accent mis par les nouveaux dirigeants sur les revendications sociales, le gouvernement a procédé à une augmentation non maîtrisée des dépenses publiques. Cela s'est traduit par de nouveaux recrutements dans la fonction publique, faisant augmenter de 7% la masse salariale. Les dépenses d'investissement ont également augmenté de 40 % en 2024 alors que les recettes n'ont pas suivi le même rythme. Dès lors, le déficit public pourrait atteindre 2,4% en 2025 contre 0,2% en 2024 et un excédent de 2,5% en 2023













