Pour la première fois depuis 2023, le gouvernement camerounais rend officiellement compte des fonds mobilisés au titre des cautions environnementales destinées à la réhabilitation des sites miniers dégradés. Selon un état des paiements publié début mai par le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), près de 735 millions de FCFA (environ 1,2 million de dollars) ont été collectés auprès d’exploitants artisanaux opérant dans les régions aurifères de l’Est et de l’Adamaoua, à plus de 300 km de Yaoundé et frontalières de la République centrafricaine (RCA), sur un total attendu de 846 millions de FCFA (environ 1,4 million de dollars). « Le respect des obligations environnementales avec le paiement d’une caution de 63 millions pour 21 hectares » constitue un préalable à la mise en conformité, a indiqué le ministre par intérim, Fuh Calistus Gentry.
Dans le détail, plusieurs opérateurs, majoritairement chinois, ont intégralement honoré leurs engagements, notamment Jinfeng Mining SARL (126 millions FCFA, soit environ 210 000 dollars, sur deux permis), Beloko Mining (60 millions FCFA ; 100 000 dollars), Garga Mining (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Eteng SARL (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Baoxiu (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Société Industrielle du Cameroun (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Huan Xin SARL (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Xin Yuan Mining (63 millions FCFA ; 105 000 dollars), Yahong Mining (63 millions FCFA ; 105 000 dollars) et Galaxy Mining Ressources (63 millions FCFA ; 105 000 dollars).
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En revanche, des retards persistent chez les locaux : GDA Mining (20 millions FCFA payés sur 45 millions attendus ; environ 33 000 sur 75 000 dollars), Amsada Mining (25 millions FCFA sur 63 millions ; environ 42 000 sur 105 000 dollars) et Zinari SARL (48 millions FCFA en cours de paiement ; environ 80 000 dollars), laissant un reliquat global de 111 millions FCFA (environ 185 000 dollars). Parallèlement, la majorité des entreprises contrôlées ont accepté de déclarer un seuil minimal de production, généralement fixé à 5 kg d’or par mois, selon le ministère.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de reprise en main du secteur aurifère artisanal, après les révélations de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) faisant état de 15 tonnes d’or ayant échappé aux circuits officiels en 2023, contre seulement 22 kg déclarés. Depuis fin avril, une mission conduite sur le terrain a permis d’obtenir l’adhésion de 95 % des exploitants visités aux nouvelles exigences réglementaires, incluant le paiement des cautions environnementales, le respect des obligations fiscales et l’engagement sur des seuils minimaux de production, ainsi que la migration vers des systèmes d’exploitation à vase clos dans un délai de six mois. Au total, 175 sites illégaux ont été identifiés et font l’objet d’une régularisation progressive.
Au-delà de l’effort de mobilisation financière, les autorités cherchent à contenir l’empreinte environnementale d’un secteur en forte expansion. Selon l’ONG Foder, plus de 2 000 hectares de terres agricoles ont été dégradés dans la région de l’Est en 14 ans, tandis que près de 90 % de l’or issu de l’exploitation artisanale échappe aux circuits formels. Engagée depuis 2023 dans la réhabilitation des sites miniers orphelins, la Société nationale des mines (Sonamines) a déjà recensé plus de 40 zones dégradées, pour un besoin global de financement estimé à plus d’un milliard de FCFA (environ 1,7 million de dollars), dans un contexte marqué par des contraintes administratives et la recherche de partenaires techniques.
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