La Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun et la compagnie britannique Octavia Energy ont signé, le 14 août à Yaoundé, un contrat de partage de production (CPP) pour le développement du bloc offshore Bolongo, dans le bassin du Rio Del Rey. La compagnie prévoit un investissement de 41 millions de dollars (soit environ 24,6 milliards de FCFA) sur sept ans. « Au titre de ce contrat, Octavia Energy Cameroon SARL s'engage à conduire un programme minimum de travaux en phase de recherche sur une période maximale de sept ans », précise le communiqué officiel de la SNH, actant l'entrée de cet opérateur sur le marché national.
Techniquement, cet investissement se déclinera en trois phases. D'après la SNH, la période initiale de trois ans sera exclusivement consacrée au retraitement des données sismiques disponibles ainsi qu'à la réalisation d'études géologiques et géophysiques. Elle sera suivie de deux périodes supplémentaires de deux années chacune, au cours desquelles la compagnie s'engage à forer un puits d'exploration par phase.
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Cette signature est l'aboutissement de l'appel à manifestation d'intérêt lancé le 1er août 2025 par la SNH. Octavia Energy, dirigée par Ahmed Nabil Hayel Saeed et revendiquant une capacité de production nette de 11 500 barils par jour sur ses actifs au Yémen, rejoint ainsi un secteur opérationnel local dominé par le franco-britannique Perenco et le chinois Sinopec, via sa filiale Addax.
Cet accord intervient dans un contexte de baisse continue de la rentabilité du secteur pour les finances publiques camerounaises. Au premier trimestre 2026, les recettes pétrolières recouvrées par l’État se sont établies à 106,6 milliards de FCFA, enregistrant un recul de 34,6 % en glissement annuel selon le Document de débat d’orientation budgétaire (DOB). Si les prévisions gouvernementales tablent sur des revenus pétroliers de 661,1 milliards de FCFA sur l'ensemble de l'année 2026 (soit 1,4 % du PIB), l'État anticipe une contraction de 35,6 % de ces recettes en 2027. Ces revenus sont projetés à 425,8 milliards de FCFA, conséquence d'une baisse mécanique de la redevance pétrolière et gazière (de 579,8 à 344,8 milliards de FCFA) et de l’impôt sur les sociétés du secteur.
Cette dynamique de relance succède à un ralentissement net des financements dans l'amont pétrolier camerounais. En 2023, les investissements globaux en exploration-production avaient chuté de 29,4 %, s'établissant à 169,5 milliards de FCFA (301,2 millions de dollars), principalement en raison d'une baisse des dépenses de plus de 71 milliards de FCFA sur les associations Sanaga et Iroko. En perspective, les investissements pétroliers nationaux devraient continuer à se consolider à court terme avec la signature attendue de contrats de partage de production avec l'Américain Murphy West Africa Ltd, attributaire des blocs Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem.
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