En Guinée équatoriale, le gouvernement a annoncé le 29 septembre le lancement d’une vaste campagne de promotion pétrolière et gazière. À partir d’avril 2026, le pays ouvrira un cycle d’octroi de licences couvrant 24 blocs – dont 22 offshores et 2 onshore – afin de relancer l’exploration et inverser la tendance baissière de sa production. « Ce cycle d'attribution sera lancée au deuxième trimestre de 2026, juste après que les détails des calendriers, les procédures de demande et de plus amples informations seront disponibles », a précisé le ministre des hydrocarbures et du développement minier, Antonio Oburu Ondo, lors d’une conférence africaine sur l’énergie tenue au Cap en Afrique du Sud.
Pour Malabo, cette décision répond à un double impératif : attirer de nouveaux capitaux étrangers et enrayer la chute de l’offre nationale. Selon les données de l’OPEP, la Guinée équatoriale, qui produisait 241 000 barils par jour à son apogée en 2010, n’a livré que 55 000 bpj en 2023. L’examen statistique 2024 de l’organisation souligne l’urgence d’un redressement pour ce membre du cartel, alors que le Fonds monétaire international prévoit une croissance moyenne limitée à 0,9 % entre 2025 et 2030, faute de nouveaux développements dans les hydrocarbures.
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Ce nouveau cycle, six ans après celui de 2019, pourrait être décisif pour l’économie nationale. Déjà, la compagnie américaine Chevron, via sa filiale Noble Energy, a récemment conclu un accord avec Malabo pour le développement du projet gazier Aseng, estimé à 690 millions de dollars (environ 427,8 milliards FCFA). Le pays mise également sur le mégaprojet EG-27 LNG piloté par Conocophillips, évalué à 4,5 milliards de dollars (soit 2 518,1 milliards FCFA), pour renforcer ses capacités de production de gaz naturel liquéfié et se positionner comme hub régional, en complément du futur gazoduc transfrontalier avec le Nigeria. Ces initiatives visent à sécuriser les recettes d’exportation, dans un contexte où le prix du baril de Brent est passé de 74 dollars en janvier 2025 à 70$ en septembre après un plongeon à 65$ en juin, offrant un signal favorable aux pays producteurs.
Il faut rappeler que la Guinée équatoriale est le plus petit producteur de l’OPEP, mais son offensive actuelle s’inscrit dans une dynamique régionale. Le Cameroun a récemment lancé un appel d’offres international sur neuf blocs pétroliers représentant 58 puits, tandis que le Gabon a annoncé une campagne d’exploration couvrant 72 % de son offshore inactif. Cette stratégie commune au sein de la CEMAC traduit la volonté des producteurs d’Afrique centrale de revitaliser leurs réserves, à l’heure où les recettes pétrolières déclinent sous la pression des gisements vieillissants et de la transition énergétique mondiale.
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