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RCA : lancement du Plan de développement 2024-2028, premier instrument de planification de moyen terme du pays

Pour la mise en œuvre de cette stratégie quinquennale qui nécessite la mobilisation de 7 040 milliards Fcfa, les autorités disent rechercher 50% des financements auprès de la communauté internationale, à travers la mobilisation des dons et la contraction des prêts.

Publiée samedi 5 octobre 2024 à 15:31:06Modifiée samedi 5 octobre 2024 à 15:31:09Temps de lecture 6 minPar Jean Omer Eyango

Le président centrafricain Faustin Archange Touadera
Le président centrafricain Faustin Archange Touadera

En chantier depuis plusieurs mois, le Plan national de développement de la République centrafricaine (PND-RCA) a enfin été validé par le président Faustin Archange Touadera, qui a lancé son exécution le 13 septembre dernier. Il s’agit du tout premier et véritable document de planification de moyen terme du pays, qui emboîte le pas au Plan de relèvement et consolidation de la paix en République centrafricaine mis en œuvre avec l’accompagnement de la communauté internationale entre 2017 et 2021. Celui-ci comportait trois piliers : soutenir la paix, la réconciliation et la sécurité ; renouveler le contrat social entre l'Etat et la population ; assurer le relèvement économique et la relance des secteurs productifs. Si les résultats sont globalement satisfaisants pour ce qui est des deux premiers piliers avec le retour progressif de la paix sur l’ensemble du territoire, le vote d’une nouvelle Constitution en 2023, entre autres facteurs qui devraient contribuer à rendre l’action de l’Etat plus opérantes en plus de l’organisation, en avril 2024 les élections locales attendues depuis près de 40 ans, ils sont plus que mitigés en matière de relèvement économique.

Le gouvernement fonde beaucoup d’espoir sur le nouveau plan pour rattraper les retards abyssaux dans tous les secteurs de l’économie, tant le cadrage budgétaire de celui-ci « reflète une vision de développement de la République centrafricaine avec une allocation stratégique des ressources financières en fonction des axes prioritaires définis ». Le coût global du PND est estimé à 7 040 milliards Fcfa, soit environ 12,8 milliards de dollars américains. Et pour sa mise en œuvre, la RCA aura besoin de 1 400 milliards Fcfa chaque année. Dans le détail, l’axe 1 du plan, qui est consacré au renforcement de la sécurité, au développement d’institutions solides, d’un système judiciaire performant et d’une administration centrale et locale compétente, représente 10,1 % du budget global, soit 775 milliards Fcfa. L’axe 2 dont les besoins en financements se chiffrent à 2096 milliards Fcfa, représentant 27,3 % du budget d’investissement a vocation à favoriser le développement du capital humain et garantir un accès équitable aux services sociaux fondamentaux de qualité des populations dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau potable, de la protection sociale et de l’assainissement.

Plan de financement

L’axe 3 consacré au développement des infrastructures résilientes et durables, promeut « la mise en place d’infrastructures résilientes et durables afin de soutenir le développement économique et social tout en renforçant la capacité du pays à faire face aux défis environnementaux et climatiques ». Cela comprend la construction, la rénovation et l’entretien d’infrastructures telles que l’énergie (barrages hydroélectriques, champs solaires et éoliens), les routes (corridors, routes nationales, pistes rurales), les ouvrages d’arts, les systèmes de transport, etc. Une enveloppe de 2 400 milliards Fcfa sera allouée à cet axe ; ce qui représente 31,3 % du coût global du PND. « Cet investissement majeur permettra d’améliorer la résilience des communautés et à assurer un désenclavement à moyen et long termes. L’atteinte des objectifs stratégiques de l’axe 4 nécessite un investissement conséquent estimé à 1 800 milliards Fcfa, soit 23,4 % du budget global du plan. Cette allocation est censée contribuer à dynamiser l'économie centrafricaine et favoriser l’émergence d’une classe moyenne.

Last but not least, l’axe 5, consacré à la « durabilité environnementale et résilience face aux crises et aux effets du changement climatique », recevra une allocation de 598 milliards Fcfa, représentant 7,8% de l’enveloppe globale. Ces ressources seront principalement consacrées à la gouvernance environnementale, la gestion des connaissances, l’amélioration des systèmes de production, ainsi qu’à l’efficacité d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique. « Cette approche stratégique du cadrage budgétaire permettra une utilisation efficace des ressources financières pour atteindre les objectifs de développement du PND-RCA 2024-2028, en garantissant la mise en œuvre des programmes et projets prioritaires et à la réalisation des ambitions nationales ».

Notation financière

Le plan de financement de cette stratégie est réparti de la manière suivante : l’Etat 20%, soit 1 400 milliards Fcfa, et le secteur privé national et étranger 30%, soit 2 112 milliards Fcfa. Il se dégage ainsi un gap de 50%, soit 3 520 milliards Fcfa à rechercher auprès de la communauté internationale à travers la mobilisation des dons et la contraction des prêts. La RCA dont la marge de manœuvre pour lever des fonds sur le marché financier international est très faible table, comme cela a été le cas dans sa loi de finances de 2024, sur un renforcement des appuis budgétaires des partenaires, notamment la France qui a supprimé son soutien au pays dans se segment, l’Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, etc., et sur de nouveaux décaissements du Fonds monétaire international (Fmi), dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC). Le gouvernement a également le regard tourné vers la Banque mondiale qui vient d’annoncer plusieurs décaissements pour soutenir divers programmes d’un montant global d’environ 160 milliards Fcfa en Centrafrique, et sur la Banque africaine de développement (BAD) qui a apporté divers concours financiers ces dernières années au pays pour accompagner plusieurs projets infrastructurels, notamment dans le secteur énergétique.

Pour ce qui est des emprunts, la RCA qui a obtenu la première notation en devise locale de son histoire le 5 avril 2024 de l’agence de notation ivoirienne Bloomfied Investment Corporation, affiche plus de sérénité à solliciter le marché financier, surtout au niveau de la sous-région. Bloomfied a, en effet, attribué la note BB+ au pays pour ses emprunts à long terme, assortie d’une perspective stable au terme d’une évaluation entamée en 2023. Cette notation correspond à la catégorie « risque très faible » de l’agence ivoirienne. L’agence avait expliqué que « la République Centrafricaine a obtenu la note BB+ (note spéculative) avec une perspective stable à long terme et la note B (note spéculative) avec une perspective stable. Pour un pays post conflit, la forte volonté politique de rentrer dans ce processus de transparence et de bonne gouvernance est fortement appréciable. Cette note donne désormais un accès beaucoup plus large à la RCA au marché des capitaux de la Cemac », et promis de faire un suivi permanent de la note et informer le marché des évolutions.

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