L’exécution du budget 2024 en République centrafricaine est loin d’être à son optimum, mais au premier semestre 2024, le pays enregistre un léger mieux dans la collecte des ressources budgétaires. Sur cette période, 124,03 milliards de Fcfa ont été collectés dont 80,72 milliards de Fcfa de ressources propres (+19,72) et 43,31 milliards de Fcfa d’appuis extérieurs. Le taux de mobilisation se situe ainsi à 42,50%. En comparaison avec le niveau de mobilisation à la même période l’année dernière, il se dégage une hausse de 14,61%, justifiée selon le ministère des Finances et du Budget, par une augmentation des recettes domestiques et des appuis-projets. En valeur relative, les 80,72 milliards de Fcfa de recettes intérieures mobilisées par les différentes régies de l’Etat représentent 50,29% par rapport à l’objectif du gouvernement de mobiliser 160,50 milliards Fcfa de ressources internes cette année. Le rapport d’exécution budgétaire au premier semestre 2024, publié en août, note que ce taux est légèrement supérieur à la cible. Ces résultats qui restent à conforter au deuxième semestre en cours sont en effet le corollaire d’une batterie de réformes fiscales et douanières engagées par le gouvernement, et qui devraient être parachevées avec la mise en place du projet « eFinances Publiques » financé par l’Union européenne.
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Axé sur la mobilisation maximale des ressources domestiques et une amélioration de la transparence des dépenses publiques, « ce projet doit permettre de refondre totalement le fonctionnement des régies financières autour des processus digitaux standardisés et cohérents », d’après le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba. Le rapport d’exécution budgétaire au premier semestre 2024 renseigne, dans le détail, que la Direction générale des douanes et droits indirects a recouvré près de 27 milliards Fcfa sur une période prévision annuelle de de 67,50 milliards Fcfa, soit un taux de recouvrement de 39,88% inférieur à la cible souhaitée. Cette rubrique qui enregistre néanmoins une hausse de 5,43% en comparaison avec la même période en 2023 a une fois de plus été plombée par des exonérations excessives qui devraient atteindre jusqu’à 33,53 milliards Fcfa en 2024, si l’on s’en tient aux prévisions de la loi de finances. Au 30 juin, la Direction générale des impôts et des domaines, elle, a recouvré un montant de 31,85 milliards Fcfa sur une prévision de 65,50 milliards Fcfa, soit un taux de recouvrement de 48,63%.
Ici aussi, la cible n’est pas atteinte parce que les retenues sur salaires et les recettes mobilisées au niveau du ministère des Mines et de la Géologie n’ont pas été comptabilisées. « En comparaison au niveau de recouvrement du 1er semestre de l’année dernière, une hausse de 17,49% est observée, justifiée par une augmentation importante des recettes fiscales et non fiscales », souligne le rapport. La régie la plus performante au cours de ce premier semestre 2024 aura été la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique qui enregistre un taux de mobilisation de 79,81%, soit 21,95 milliards Fcfa en valeur absolue, sur une prévision de 27,50 milliards Fcfa. Par rapport à la même période en 2023, ces recettes ont progressé de 48,43%. La mobilisation des ressources extérieures, comme mentionné plus haut, reste le ventre mou de l’exécution budgétaire en Centrafrique. Les 43,31 milliards Fcfa captés sur ce chapitre représentent traduisent certes une hausse de 6,07% par rapport à la même période l’an dernier, mais éloignent le pays de la cible de 131,34 milliards Fcfa visée en 2024 et réalisée à seulement 32,98% au 30 juin.
Les conditions sont pourtant réunies pour que le pays de Faustin Archange Touadera capte plus de financements extérieurs, avec le réengagement des bailleurs de fonds tels que Le Fonds monétaire international (Fmi) qui devrait bientôt conclure un nouvel accord avec le pays, l’Union européenne ou encore la France, prise isolément. Pour mémoire, le budget de la République centrafricaine pour l’exercice 2024 s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 291 milliards Fcfa, alors que les charges budgétaires atteignent un peu plus de 320 milliards Fcfa sur les 12 mois.








