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Secteur public : le salaire des DG et PCA réduit de moitié

La rémunération, les avantages, primes et indemnités des dirigeants des entreprises et établissements publics sont désormais conditionnées au rendement de leurs structures.

15,56 millions de FCFA. C’est la coquette somme que va désormais percevoir au titre de salaire brut mensuel, le directeur général d’Alucam, Alain Malong. Idem pour Judith Yah Sunday à Camtel, Bayero Mohamadou Bounou à Sodecoton, Claude Simo Njonou à Sonara ou encore Adolphe Moudiki à la SNH. Ce quinté forme le cercle très restreint des DG d’entreprises publiques les mieux payés. Comme eux, le duo Philippe Camille Akoa du Feicom et Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo de la CNPS gagneront désormais un peu plus de sept millions de FCFA par mois. Sans compter les avantages, dans les deux cas. Ces montants sont déterminés par la classification des entreprises et établissement publics dont ils ont la charge, selon les arrêtés du Minfi du 4 mai 2020.

A l’observation, ces « bienheureux » gagnent bien plus qu’un membre du gouvernement ou un membre du bureau de l’Assemblée nationale ou du Senat. Mais, il n’est pas certain que les uns et les autres soient particulièrement fiers en ce moment. En réalité, les arrêtés du Minfi marquent le début de la « disette » pour certains DG, DGA et PCA. Après des années de bombance, c’est le temps des vaches maigres pour le top management dans les structures du portefeuille de l’Etat.

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En effet, la rémunération du DG, DGA et PCA, comprenant le salaire de base, une indemnité de responsabilité et une indemnité de représentation est désormais une fraction du chiffre d’affaires de l’entreprise, ou de la moyenne du budget des trois derniers exercices de l’établissement, selon sa catégorie (Cf. Ecomatin 332 du 5 mai 2020). C’est donc un « ajustement structurel » que subit ce secteur, pense Pr. Viviane Ondoua Biwole.

Selon cette experte en gouvernance publique, « une simulation dans une entreprise publique indique une diminution de 40% du salaire de base du directeur général et une baisse de prime de non-logement de 2,5 millions à 750 000 FCFA. » Sur la base d’une simulation globale, l’enseignant-chercheure explique que « l’État pourrait économiser 50 % des dépenses relatives aux rémunérations et avantages des responsables de ces entités publiques. Ce qui fait des économies de quelques milliards ! ».

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L’encadrement juridique des salaires discipline ainsi les largesses accordées par le conseil d’administration au confort des dirigeants de l’entreprise. En plus de cet ajustement, les revenus des dirigeants sont astreints implicitement à des contrats de performance. En effet, la fluctuation des chiffres d’affaires, base de fixation des salaires, entraine une fluctuation des revenus des dirigeants, et au pire des cas, leur éviction.

Le président de l’Union générale des travailleurs du Cameroun (UGTC), Isaac Bissala regrette que la question de la rémunération des DG, DGA et PCA, n’ait pas été réglée dans cadre du Code du travail ou du Conseil supérieur de la fonction publique.

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