Marc Leynaert exerce depuis le 15 août dernier les fonctions de directeur général de la Société le Grand Moulin du Cameroun (SGMC), le leader du marché camerounais de la farine boulangère. Ex-directeur général de Triton Guyane, une entreprise spécialisée dans la vente de bois d'aménagement et de construction, cet originaire de Rouen qui n’a pas d’expérience dans le domaine de la minoterie sort tout droit de France pour remplacer à Douala, siège social de SGMC, Cyrille Piantoni, un as de l’agroalimentaire qui était en poste depuis 2021 et qui, avant de prendre la tête de cette entreprise, a dirigé pendant trois ans la Compagnie fermière camerounaise (CFC), une autre filiale du groupe Somdiaa implantée à la périphérie sud de Yaoundé. Diplômé de l’École nationale supérieure de meunerie et des industries céréalières de Paris, ce dernier a démissionné de ses fonctions en juillet dernier, sans motif officiel connu. Ce changement intervient néanmoins dans un contexte particulier, celui de l’enlisement des tractations liées au retrait du Groupe Castel, la maison mère de Somdiaa, de l’activité minotière en Afrique.
En effet, c’est depuis avril 2023 que le géant français de l’agroalimentaire et leader du marché de la bière en Afrique, a fait part de sa volonté de se débarrasser d’un pan entier de ses activités sur le continent, la meunerie, en l’occurrence, qui fait partie des activités de Somdiaa, la filiale sucre et céréales de Castel. Outre la Société le Grand Moulin du Cameroun, il a annoncé la mise en vente de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG), la Société générale des Moulins du Togo (SGMT) et la Société les Grands Moulins du Phare (SGMP) basée à Pointe-Noire, au Congo. A l’origine du blocage de ce processus de cession, Jeune Afrique fait état d’une immixtion des autorités politiques dans le dossier. Au Cameroun, le gouvernement, notamment, « a adressé une correspondance aux dirigeants du groupe français pour souligner le caractère stratégique (alimentation) des moulins mis en vente. Les autorités politiques justifient également leur droit de regard par le souci de préserver le tissu industriel local, qui pourrait être menacé par l’arrivée d’un opérateur peu scrupuleux », rapporte le journal.
Qui ajoute que le dossier fait depuis l’objet d’une attention particulière à Paris. Si l’objectif de départ du Groupe Castel était de revendre les quatre entités à un seul et même repreneur, une offre qui a fait baver une dizaine de compagnies internationales, dont l’ivoirien Porteo BTP qui aurait proposé 150 millions d’euros, soit un peu plus de 98 milliards Fcfa, sa position a évolué et le géant français est désormais ouvert à l’idée de les céder séparément. Marc Leynaert, 44 ans, qui est un ancien de la multinationale française Geocoton et qui est passé par le Burkina-Faso, va sans doute reprendre le lead des négociations devant aboutir à la cession de SGMC. L’on signale des nationaux sur la liste des entreprises ayant fait office de candidature pour la reprise des actifs de cette filiale doté d’un capital social de 5,7 milliards Fcfa. En 2015, elle était présentée comme la filiale de Somdiaa la plus performante en Afrique. Elle avait alors réalisé 34,1% des volumes des ventes de sa maison-mère, grâce à un chiffre d’affaires d’environ 108 milliards Fcfa.








