Monsieur le Directeur, quand a été créé le Groupement du patronat francophone (GPF) et par quoi diffère-t-il des patronats classiques ?
Le groupement du patronat francophone a été créée en 1987. C’est le premier réseau d’affaires francophones dans le monde avec 20 millions de Petite et moyennes entreprises (PME) que l’on installe dans tous les pays où l’on parle français, 88 pays dont 40 pays du continent africain. Par le biais de la francophonie économique, nous aspirons à bâtir des ponts entre les nations et les peuples.
Concrètement, quel est votre champ d’action et quelles sont vos principales missions ?
Nous avons la capacité d’installer des entreprises du Nord vers le Sud et les entreprises du Sud vers le Sud. Exemple, nous pouvons installer une entreprise française au Congo et une entreprise camerounaise en Côte d’Ivoire. Nous faisons Nord-Sud et Sud-Sud, avec l’ambition de bâtir des ponts économiques basés sur des PME, avec du gagnant-gagnant afin d’œuvrer à la Francophonie économique. Les Pme créent de la richesse.
Vous venez d’effectuer un séjour éclair au Gabon notamment du 04 au 06 juillet dernier, juste au lendemain de la tenue de la 5ème édition du Forum international des entreprises francophones (FIEF) organisé le 27 juin dernier à Villers-Cotterêts en France. Au terme de ce séjour, vous avez souhaité que le Gabon rejoigne le Groupement du patronat francophone. Est-on en droit de penser que la conquête du marché africain, plus précisément des pays de la zone Cemac est ainsi lancée ? Si oui, pour quel objectif ?
L’Afrique est un territoire d’opportunités. Tous les 15 jours, je suis sur le continent africain pour connecter les entrepreneurs avec les dirigeants. Grâce à l’intelligence économique, nous analysons les besoins sur le marché et en fonction des besoins, On va sur le terrain pour connecter les décideurs économiques avec les décideurs des pays.
Nous avons aussi l’envie de former et accompagner tous les jeunes entrepreneurs.
L’Afrique est le continent d’aujourd’hui et de demain. Nous travaillons avec les pays de la Cemac, et nous souhaitons œuvrer au développement économique de ces pays. Nous souhaitons aussi œuvrer à développer l’entreprenariat dans ces pays-là afin qu’il y ait de plus de jeunes entrepreneurs. Lorsqu’on installe une PME, elle crée des richesses. Elle va embaucher de la main-d’œuvre, ça crée de l’emploi puis Ça augmente le pouvoir d’achat. Nous avons aussi l’envie de former et accompagner tous les jeunes entrepreneurs qui qui sont aujourd’hui dans l’informel deviennent dans le formel avec une plus grande sécurité de l’emploi et une amélioration du niveau de vie. L’objectif est d’œuvrer au développement économique.
Pourquoi le Groupement du patronat francophone s’intéresse-t-il autant au marché africain ?
Le Groupement du Patronat Francophone s’est toujours intéressé au marché africain car il œuvre pour les pays francophones. L’Afrique est le continent d’aujourd’hui et demain. En 2050, la population africaine sera plus importante que La population chinoise. Il faut agir pour transformer ces taux de croissance positifs sur le continent africain en une amélioration des conditions de vies des Populations et créer des emplois pour la jeunesse.
En octobre prochain se tiendra le sommet de la francophonie en France. Comment comptez-vous vous mobiliser afin de créer des synergies économiques pour offrir une nouvelle porte d’entrée aux pays de la Cemac vers de nouveaux marchés ?
Avoir le sommet de la francophonie en France, c’est historique. Autour du sommet nous allons connecter les entrepreneurs, les dirigeants économiques et les dirigeants des pays toujours en faisant Nord - Sud et Sud - Sud.
Enfin, quelle est la vision du Groupement du patronat francophone pour l'avenir de la francophonie économique en Afrique ?
La francophonie, c’est aujourd’hui plus de 320 millions de locuteurs dans le monde. L’espace francophone est une chance pour nouer des relations d’affaire car loin de se résumer au “vivre-ensemble”, il est le levier idéal du “faire-ensemble” qui, par sa dimension pragmatique, permet d’agir autour d’initiatives concrètes.
L’espace francophone est une chance pour nouer des relations d’affaire .
Le contexte géopolitique pousse par ailleurs à cette évolution. Dans cet espace qu’est la francophonie, la France, de par son histoire singulière avec le reste du monde – et notamment avec l’Afrique- a longtemps été le choix économique par défaut, laissant peu de place à d’autres options. Cette ère est révolue : partenaires américains, chinois, russes, indiens, turcs ou israéliens se bousculent aujourd’hui pour venir faire des affaires dans nos pays, et profiter des opportunités offertes par ceux-ci. Cette nouvelle dynamique modifie de facto la nature des rapports économiques qui étaient jusque-là en vigueur dans la francophonie. Le libéral que je suis pense que cette concurrence est une bonne chose car elle permet de rebattre les cartes et de créer les conditions d’un nouveau partenariat gagnant-gagnant, centré sur les intérêts bien compris des parties prenantes. C’est cette nouvelle donne que l’Afrique en particulier doit faire sienne pour mieux s’imposer sur la scène économique internationale. Pour ce faire, elle a tout intérêt à utiliser l’instrument d’appui à ses ambitions qu’est la francophonie économique.
Dans notre monde contemporain où tout est interconnecté, il est bon de rappeler que la pleine jouissance des avantages induits par un certain niveau de vie (activités intellectuelles, culturelles, sportives…) passe d’abord par la réussite économique et donc par la capacité qu’ont les pays à se servir à bon escient de leviers d’action pour créer de la richesse et des emplois. Le vrai enjeu est là et la francophonie économique fait partie de ces leviers.
Il faut agir pour transformer les taux de croissance positifs sur le continent africain.
Par le biais de la francophonie économique, nous aspirons à bâtir des ponts entre les nations et les peuples. Pour reprendre une expression anglophone, notre première force dans notre rôle de « go-between (passeur, intercesseur) » est de pouvoir compter sur un vaste réseau d’individus et d’institutions (entrepreneurs, chambres de commerce et patronats locaux…) qui connaissant les réalités et besoins locaux.








