Quatre mois après l’officialisation du rachat de Sucrerie Africaine du Gabon (Sucaf), ex-filiale gabonaise du groupe français Somdiaa, l’entreprise turque turc, MFB International, peine à approvisionner le marché gabonais en sucre. Raison pour laquelle, renseignent les sources d’EcoMatin, les responsables du groupe MFB « les Sucreries du Gabon » ont été convoqués d’urgence le 02 août à Libreville par le ministre du Commerce des PME-PMI chargé des activités génératrices de revenus, Parfaite Amouyeme Ollame épouse Divassa.
« Convoqués de toute urgence au cabinet du ministre pour répondre de la question de l'insistance de la pénurie de sucre sur l'ensemble du territoire plusieurs mois après le rachat de Sucaf Gabon mais surtout après de multiples séances de travail sur l'approvisionnement du marché local, Parfaite Amouyeme Ollame épouse Divassa dit trouver chaotique la stratégie de redistribution de ce produit essentiel », apprend-on du ministère du Commerce. La même source ajoute : « fort est de constater qu'il manque du sucre dans les grandes surfaces et espaces commerciaux légaux, qui répondent aux normes. En revanche ce produit de première nécessité se retrouve aux mains des détaillants dans les marchés et vendu à un prix exorbitant contrairement aux décisions prises par l'État ».
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Au cours de la réunion, le membre du gouvernement a martelé que le prix du paquet de sucre est de 925 Fcfa et 1100 Fcfa dans les zones reculées. Elle a donc invité les responsables de MFB à plus de sérénité et de professionnalisme. Concernant la question de l'emploi, le ministre a rappelé le principe de préférence nationale. Car lors des échanges avec l'entreprise il était question pour celle-ci de maintenir l'emploi des gabonais et de favoriser leur recrutement.
Le groupe MFB a certes pris l’engagement d’approvisionner le marché local en sucre mais cela ne rassure pas. Car, ce n’est pas la première fois qu’il fait des promesses de tenir ses engagements dans ce domaine. En effet, le ministre du Commerce des PME-PMI avait reçu le 7 juin dernier les acquéreurs de Sucaf Gabon. Faruk Basturk, responsable de MFB les Sucreries du Gabon était alors venu rassurer le membre du gouvernement sur la mise à disposition du sucre sur le territoire national dans les prochains jours. 17 000 tonnes de sucre, selon MFB, étaient sur le point d'être acheminés, ceci afin de combler le déficit constaté sur l'échelle nationale. Que nenni.
Pourtant, selon le contrat qui lie cette entreprise à l’Etat, MFB doit assurer la couverture du marché national pour une période de 12 mois par l’importation de 10 000 tonnes de sucre par trimestre, la campagne sucrière de 2024 n’ayant pas été réalisée par Sucaf Gabon. Le groupe turc s’est également engagé à réaliser un investissement minimum de 11 milliards de Fcfa pour la réhabilitation et la modernisation de l’usine et de tous les outils de production. Aussi, l’acquéreur maintiendra le prix actuel du sucre (925 Fcfa le prix du Kg : Ndlr) sur le marché domestique ; les emplois existants au moins dans les mêmes conditions ; le développement d’autres activités agricoles et d’élevage ; le développement des petits producteurs locaux. Autant d’engagements qui tardent à être matérialisés.
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C’est depuis le 26 avril 2024 que Sucaf s’appelle « Les Sucreries du Gabon S.A ». Ce changement de dénomination intervient à la suite d’un contrat de cession et d’acquisition d’actions pour 1 franc symbolique de Sucaf Gabon par le groupe turc MFB International, à travers sa filiale MFB Gabon. Cette opération de rachat de Sucaf Gabon par l’État, d’une part et de la cession des Sucreries du Gabon à MFB Gabon, d’autre part, présente de nombreux avantages selon les autorités gabonaises.
A en croire les officiels gabonais, l’économie gabonaise, engrangera notamment : le maintien et la modernisation d’un outil industriel à l’intérieur du pays ; la préservation d’environ 250 emplois locaux permanent ; le paiement d’une indemnité de bonne séparation au personnel, sans licenciement ; la sécurisation de l’approvisionnement du marché national en sucre ; l’accroissement de la production de sucre et la diversification des activités ; l’abandon par Makaron, société de droit mauricien, membre du Groupe français Somdiaa et actionnaire unique de Sucaf Gabon, d’une créance d’environ 30 milliards de Fcfa.



