Comme annoncé il y a quatre jours dans la mouvance de la Fête nationale du Tchad, le président de la République du Mahamat Idriss Deby Itno a signé ce 14 août 2026 deux décrets qui accordent la grâce à neuf personnalités politiques. Parmi les bénéficiaires, l’ancien Premier ministre Succès Masra. En effet, condamné pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre », l’homme politique avait commencé à purger depuis plus d'un an une peine de 20 ans de prison ferme.
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Avec lui, huit responsables de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) condamnés en mai dernier à huit ans de prison ferme. « Ces neuf personnes sont libérables dès que les dispositions seront prises par le ministère de la Justice dans les heures et jours qui viennent. Ils sont pardonnés par le Chef de l’État. Mais la grâce ne supprime pas les peines civiles qui restent poursuivables », précise le communiqué présidentiel. Autrement dit, la grâce présidentielle n'efface pas les obligations civiles résultant de la condamnation, obligations maintenues à un milliard FCFA de dommages et intérêts.
En effet Succès Masra avait été nommé Premier ministre en janvier 2024, cinq mois avant l'élection présidentielle de mai 2024 à l'issue de laquelle il était arrivé deuxième avec près de 20% des voix contre Déby environ 60% des suffrages pour Mahamat Idriss Deby, remportant une élection. Le leader du parti d’opposition ‘’Les Transformateurs’’, avait été condamné le 9 août 2025 dans l'affaire des violences de Mandakao, en rapport avec de tragiques affrontements intercommunautaires survenus en mai de la même année dans le Logone occidental et ayant fait 42 morts, plusieurs blessés et des milliers de déplacés.
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Sa défense avait formé un pourvoi en cassation devant la Cour suprême du Tchad pour contester sa condamnation. Il bénéficie à présent de la grâce présidentielle après une demande introduite par ses avocats auprès du président de la République.
Il en est de même pour Avocksouma Djona Atchenemou, Neatobey Bidi Valentin, Ahmed Bokori Nima, Badono Daigou, Nassour Brahim Koursami, Max Kemkoye Magruergues, Keleou Bomaye Laou¬baye Daniel et Mahamat Djara Diguei. Les huit dirigeants de l’ex-GCAP, une coalition de partis politiques tchadiens d'opposition, tous accusés de rébellion, de mouvement insurrectionnel, d’attroupement et de détention illégale d'armes de guerre leur valant huit ans de prison ferme, désormais pardonné. Une condamnation à laquelle s'ajoutaient 500 000 FCFA d'amende pour chacun, toujours d’actualité.
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Le second décret présidentiel accordant une grâce présidentielle porte sur une remise collective et partielle de peine. Le dispositif concerne les détenus condamnés sur l'ensemble du territoire. Cette mesure rappelle celle déjà prise en 2023, qui vise à alléger le reste des peines à exécuter dans les établissements pénitentiaires tchadiens.
Ainsi, les condamnés pour corruption par exemple, bénéficient d'une réduction de leur peine, sans obtenir pour autant une grâce totale. Cependant, la mesure s’applique sous réserve de certaines exclusions. Les personnes condamnées pour des faits de terrorisme, de viol ou de trafic de stupéfiants notamment, ne sont pas concernées.
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