Au Tchad, les prix des produits pétroliers ont connu une légère baisse à la pompe depuis le lundi 17 juin dernier. C’est la concrétisation de l’annonce faite le 13 juin à N’Djamena par le nouveau Premier ministre tchadien, Allah-Maye Halina, lors de son discours de politique générale devant les 93 députés qui forment le Parlement de transition. Dans le détail, le super connaît une baisse de 28 Fcfa, soit 8,2% en valeur relative, passant ainsi de 828 Fcfa à 800 Fcfa. Le gasoil, lui, passe de 730 Fcfa actuellement à 700 Fcfa, soit une baisse de 7,3%.
Ce réajustement à la baisse est pratiquement un non-événement, 5 mois après que le gouvernement a fait exploser les prix du super (+42%) et de gasoil (+ 22%) dans le but de réduire les subventions qui, d’après le Fonds monétaire international (FMI), exerçaient une pression insupportable sur le budget de l’Etat - elles ont coûté jusqu’à 86 milliards Fcfa au trésor public tchadien en 2022, d’après l’institution de Bretton Woods. Une baisse plus prononcée aurait en effet un impact positif sur l’inflation et, notamment sur les prix des transports qui ont explosé depuis deux ans avec un effet d’entraînement sur les produits alimentaires.
Les Organisations de la société civile (OSC) ont très peu réagi à l’annonce du nouveau chef du gouvernement, y compris la très influente Ligue tchadienne des droits de l’Homme (Ltdh), qui a été en première ligne des manifestations ayant suivi la hausse du prix de l’essence du 13 février. Cette organisation qui a qualifié le dernier réajustement à la hausse des prix des carburants à la pompe de « forfaiture », trouve en effet que pour un pays producteur de pétrole, le niveau des prix des produits pétroliers au Tchad est anormalement élevé. Les consommateurs appellent les pouvoirs publics à ramener les prix au moins à leur niveau d’avant le 13 février 2024, c’est-à-dire, 548 Fcfa le litre de gasoil et 518 Fcfa pour le super.
Alors que le gouvernement préparait l’opinion à la dernière hausse des prix, la ministre des Hydrocarbures et de l’Energie, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, avait expliqué devant le Parlement, en décembre 2023, ce réajustement « par le coût d'importation de ce produit, mais également la nécessité d'appuyer le fonds de stabilisation pour faire face à l'importation du GPL (gaz domestiques, Ndlr) ». Ce produit « fait l'objet d'une subvention très importantes, sachant que le litre de gaz coûte sur les marchés internationaux plus de 1200 Fcfa et qu'il est revendu au Tchad à 300 Fcfa. Ce qui représente une enveloppe annuelle frisant les 30 milliards de Fcfa », avait-elle ajouté. Autre effet positif de la hausse des produits pétroliers au Tchad, selon les autorités, elle aurait permis de limiter le phénomène de contrebande transfrontalière du gasoil tchadien vers les pays limitrophes, principalement vers le Cameroun et la République centrafricaine.








