Le Tchad s'apprête à réaliser dès l’exercice 2026, d'importantes économies budgétaires grâce à la récente fermeture de plusieurs ambassades, postes consulaires et au rappel de nombreux diplomates. « Au vu des 19 ambassades et missions diplomatiques fermées ou dont l'effectif a été réduit, il ressort 4.965.732.635 FCFA que le gouvernement va obtenir dans le budget 2026 », souffle un cadre au ministère des Finances, du Budget, de l’Economie, du Plan et de la coopération internationale.
En effet, les économies à réaliser par le Tchad découlent d'une vaste opération d’assainissement décidée par le président Mahamat Idriss Déby Itno. D’abord le 25 août 2025, l’ambassade du Tchad au Gabon et en Côte d’Ivoire, ainsi que son consulat général à Istanbul, en Turquie, ont été fermés. Parallèlement, le 9 septembre, 29 diplomates en poste à l’étranger ont été rappelés à N'Djamena. Le rappel des diplomates tchadiens répond pour ainsi dire, à un double enjeu. Le premier est celui de rationalisation budgétaire.
Mahamat Idriss Deby Itno a évoqué le souci de « restructuration et de rationalisation de sa présence diplomatique ». Et selon la source supra mentionnée, une analyse des budgets 2024 et 2025 confirme ce constat. En effet, sur les 22 milliards de FCFA alloués au ministère des Affaires étrangères en 2024, 13 milliards étaient absorbés par les représentations diplomatiques. La situation est restée la même en 2025, où 13 milliards de FCFA sur un budget total de 23 milliards ont été consacrés au réseau diplomatique. Ces chiffres montrent que, pour les deux années, les services diplomatiques du Tchad ont, à eux seuls, consommé près de 60 % du budget alloué aux Affaires étrangères.
Le second enjeu est lié au recentrage stratégique dans la mesure où, « le nouvel organigramme du ministère des affaires étrangères prévoit la suppression de quelques postes notamment ceux de 2eme conseiller et conseiller à l'environnement afin de réaliser des économies supplémentaires pour allouer au Programme national de développement (PND) évalué à 30 milliards de dollars (environ 18 000 milliards FCFA)». Ledit programme gouvernemental met d’ailleurs un accent sur la nécessité de « promouvoir la diplomatie économique ». En d’autres termes, cette réforme vise à utiliser les relations internationales pour servir les intérêts diplomatiques. Ainsi, avec cette approche, les missions diplomatiques tchadiennes ne devraient, en plus des sujets politiques, se pencher sur le volet économique pour promouvoir le commerce, les investissements et soutenir les entreprises nationales à l’étranger.
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Au ministère des Affaires étrangères du Tchad, une autre source fait savoir qu’il y aura d'autres opérations de rappel des diplomates à N’Djamena. Ce qui veut dire que le pays pourrait probablement engranger plus de 5 milliards FCFA d'économie sur ses charges. Par cette action, « le Tchad compte s'appuyer sur une diplomatie d'action et des résultats », ajoute notre interlocuteur. Rappelons tout de même que le pays de Toumaï fait encore face à un défi majeur; celui de la réduction de ses dépenses publiques. La preuve, dans la loi de finances 2025, le pays a prévu une enveloppe de 2 323,8 milliards FCFA pour la cause, en hausse de 18% par rapport à 2024. Cette augmentation est notamment due à la masse salariale qui devrait bondir de 11% pour s’établir à 614,1 milliards FCFA à fin 2025.
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