Les trois entreprises de téléphonie mobile opérant en République Centrafricaine (RCA) ont réalisé un chiffre d'affaires cumulé de 69,6 milliards FCFA en 2025, en hausse de 10,8 % par rapport à 2024. Selon le rapport de conjoncture de la direction nationale de la BEAC à Bangui, cette embellie est principalement imputable aux bonnes performances réalisées par les sociétés Orange Centrafrique et Moov.
En effet, le chiffre d'affaires d'Orange RCA, filiale du groupe français Orange, s'est établi à 50,2 milliards FCFA, en hausse de 17,66 % sur un an. Cette progression est corrélée au nombre d'abonnés, passé de 1,210 million en 2024 à 1,431 million en 2025 (+18,31 %). C’est dire que le parc d’abonnés d’Orange RCA a considérablement augmenté au 4e trimestre 2025. Selon le groupe Orange, il avait déjà été de 1,2 millions (+3,2%) au 3e trimestre.
Moov RCA, filiale du groupe marocain Moov Africa, se situe dans la même dynamique, avec un chiffre d'affaires de 4,675 milliards FCFA (+5,17 %), porté par un nombre d'abonnés en hausse de 29,23 %, pour atteindre 345 707. À l'inverse, Telecel Centrafrique traîne le pas. Son chiffre d'affaires s'est replié de 6,49 %, à 14,65 milliards FCFA en 2025, freiné par un nombre d'abonnés en baisse de 2,51 %, à 1 020 311. Malgré ce fléchissement de Telecel RCA, il conserve sa place de deuxième opérateur derrière Orange qui domine le marché et le nombre total d'abonnés des trois opérateurs a progressé pour atteindre 2 797 994, soit une hausse de 10,83 %.
Le lancement officiel de son réseau 4G en juillet dernier, la filiale locale du groupe français Niel Telecom pourrait améliorer son parc d'abonnés dans les mois à venir. Indiquons tout de même, que cet opérateur a fait l’objet en 2024, des arriérés d’impayés évalués autour de 4 milliards Fcfa auprès de l’Etat. Au rang de ces impayés, un montant d’environ 2 milliards Fcfa dû aux administrations des douanes et des impôts, ajouté à cela 700 millions Fcfa, vis-à-vis de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep).
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L’Arcep n’est pas exempt de tout reproche. Dans une analyse publiée en octobre 2025, la Banque mondiale recommande à Bangui de « créer un régulateur télécom moderne et performant ». En cause, le régulateur était confronté à des obstacles persistants pour surveiller de manière indépendante les performances ou demander des comptes aux fournisseurs. D’où le Projet de gouvernance du secteur public. A en croire l’institution de Bretton Woods, ce programme à permis à la RCA de disposer de « la capacité d’analyser en temps réel des données détaillées sur les performances des réseaux mobiles, sans dépendre uniquement des informations communiquées par les opérateurs.
A date, les difficultés semblent davantage d’ordre infrastructurel. La direction nationale de la BEAC souligne « les problèmes récurrents de ce secteur concernent le mauvais état des routes en provinces, empêchant de mener à bien des missions techniques et commerciales dans certaines zones, les coupures intempestives d'électricité, la persistance de l'insécurité dans certaines villes de provinces, le coût élevé d'approvisionnement en carburant et la forte pression fiscale et parafiscale ».



