L’annonce de la rupture, effective au 31 janvier prochain, des accords de coopération militaire entre le Tchad et la France a déjà des répercussions notables sur les opérations d'Air France concernant sa desserte entre les capitales des deux États. En effet, alors que la compagnie aérienne française avait décidé, il y a quelques jours, de réadapter ses activités sur cette ligne, le 23 janvier dernier, son unique vol N’Djamena–Paris avec escale à l’aéroport international Nnamdi Azikiwe d’Abuja (Nigeria) a été annulé.
Invoquant des « contraintes opérationnelles », la compagnie aérienne française a choisi d'ajuster son programme de vols vers la capitale tchadienne. Cette ligne a ainsi été marquée par plusieurs perturbations ces derniers jours. Selon les données de Flightaware, une société spécialisée dans le suivi des vols et l’analyse de données aéronautiques, les vols Air France prévus entre Paris et N’Djamena les 12, 16 et 19 janvier derniers ont été déviés : certains directement vers Abuja, et d’autres vers Douala, la capitale économique du Cameroun.
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Dans ce contexte, cette réorganisation s’accompagne d’une réduction des fréquences de vols entre Paris et N’Djamena, avec une redirection via d’autres capitales de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Ainsi, à partir de février, Air France desservira la capitale tchadienne trois fois par semaine au lieu de quatre initialement, en reliant cette destination à Malabo, en Guinée équatoriale. Ces ajustements, qui devraient varier selon les jours, feront l’objet d'une communication individualisée adressée aux clients concernés, soit par SMS, e-mail ou via l’application de la compagnie.
Par ailleurs, il convient de noter que ces changements surviennent dans un contexte plus large, marqué par une baisse de la demande dans certains pays de la Cemac. En novembre 2024, Air France avait déjà annoncé une réduction des fréquences de ses départs à destination de deux principaux pays de la région. Il s’agit du Gabon (où elle revendique une moyenne de 130 000 passagers transportés l’année) et du Cameroun (où elle contrôle 20,21% du marché du transport aérien selon les statistiques 2022 de l’Autorité aéronautique).
Bien que la compagnie ne divulgue pas ses résultats financiers par pays, elle a indiqué prévoir une baisse globale de ses activités en Afrique subsaharienne au 31 décembre 2024, après une année record. En effet, le chiffre d'affaires du transporteur aérien s'est établi à 30 milliards d'euros (plus de 19 678,7 milliards de Fcfa) en 2023, en hausse de 14% sur un an, porté par les ventes de billets. La marge opérationnelle a progressé de 1,2 point en rythme annuel, se portant à 5,7%.









