Au terme de l’exercice clos au 31 décembre 2023, la société Aéroports du Cameroun (ADC) enregistre un bénéfice de 4,5 milliards de Fcfa, en hausse de 40,5% en glissement annuel en comparaison aux 3,2 milliards enregistrés un an plus tôt. Ce résultat est contenu dans le rapport des états financiers des ADC pour le compte de l’exercice 2023, récemment confirmé par Kpmg Afrique centrale, cabinet spécialisé dans l’audit et le conseil.
L’entreprise publique a clôturé l’année 2023 avec un résultat net en augmentation après avoir essuyé une perte de 1 milliards de Fcfa entre les exercices 2021 et 2022. En plus de cette performance, le concessionnaire des plateformes aériennes au Cameroun revendique des résultats financiers quasiment tous au vert sur l’ensemble de cet exercice budgétaire. Ainsi, ADC indique avoir réalisé un chiffre d’affaires de près de 35, 28 milliards de Fcfa à fin 2023 (34,12 milliards en 2022) avec un excédent brut d’exploitation de 12,1 milliards (11,7 milliards en 2022) et un résultat d’exploitation de 7,8 milliards (4,8 milliards en 2022).
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Par ailleurs, l’essentiel du chiffre d’affaires de l’entreprise dirigée par Thomas Owona Assoumou a été tiré par les travaux, services vendus qui se sont établis à 34,9 milliards contre environ 33,6 milliards au cours de l’exercice précédent tandis que les profits liés à la vente des produits accessoires ont chuté de 61,6 millions à 368,4 millions après près de 430 millions en 2022.
Finances au vert, activités au rouge
Alors que l’entreprise qui assure la gestion et l’exploitation des 7 aéroports locaux (Yaoundé, Douala Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Bamenda et Bertoua) annonce des résultats favorables, la réalité est tout autre selon les clients. En effet, quand ADC indique avoir stabilisé ses charges de personnel à 12,5 milliards et réalisé des dépenses en aménagement, agencement et installations à hauteur de 33,6 milliards au cours de l’année 2023, les clients qui fréquentent les aéroports camerounais continuent de se plaindre de l’état de délabrement et du service de mauvaise qualité qui leur est rendu sur les lieux alors que les tarifs jugés exorbitants ne cessent de croître. De plus, les conditions d'accueil, d'orientation et de sécurité approximatives ainsi que le manque d'entretien et la vétusté des installations sont entre autres dysfonctionnements qui ne permettent également pas aux compagnies aériennes de proposer un service de qualité à leurs passagers.
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A ce sujet, le patronat camerounais a exprimé la préoccupation de la communauté des affaires à la direction des ADC, après la ribambelle de plaintes des entreprises locales portées à cette même institution quelques années plus tôt. « Depuis plusieurs années, nous avons constaté avec inquiétude un délabrement flagrant des infrastructures aéroportuaires, tant au niveau des terminaux que des équipements destinés aux passagers. L'inefficacité des systèmes de gestion des bagages, les attentes interminables, ainsi que l'absence d'infrastructures modernes et adaptées, ne contribuent pas à donner une image positive de notre pays. Ces dysfonctionnements dissuadent par conséquent les compagnies aériennes internationales, qui hésitent à desservir la destination Cameroun », a décrié Celestin Tawamba dans une correspondance datée du 12 novembre 2024 adressée au Directeur général des ADC.
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A noter que cette situation alarmante intervient dans un contexte où ADC a annoncé un investissement de 11 milliards de Fcfa pour l’année en cours. Cette enveloppe sensée servir à la « réhabilitation des principales plateformes aéroportuaires du pays » fait partie du Plan stratégique d’Investissements 2023-2027 de la société, adopté pour un coût global de 74,7 milliards de Fcfa [dont 16,1 milliards de fonds propres et un emprunt de 58,6 milliards à souscrire]. Tout cet investissement annoncé il y a bientôt 2 ans ne se matérialise pas sur le terrain, portant préjudice à des secteurs clés de développement comme le commerce international, les investissements étrangers et le tourisme.








