L'armateur français CMA CGM a annoncé le 4 avril une augmentation significative de ses tarifs pour le transport maritime de marchandises sèches en provenance de Chine et à destination des pays de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Cette décision, effective depuis le 8 avril 2025, se traduit par une hausse de 75 dollars (environ 45 750 Fcfa au taux de change actuel) par Équivalent Vingt Pied (EVP) pour les importations au Congo, au Gabon et au Cameroun, et de 250 dollars (environ 152 500 Fcfa) par EVP pour la Guinée Équatoriale. Cette majoration tarifaire, qualifiée de "Supplément Saison Pointe" (PSS) par l'armateur, concerne uniquement les contrats à court terme.
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Bien que cette augmentation intervienne en période de haute saison, elle s'inscrit dans un contexte international tendu, marqué par les récentes impositions de tarifs douaniers entre la Chine et les États-Unis, exacerbant les incertitudes du commerce mondial. Par conséquent, les importations de divers produits manufacturés, qui constituent une part importante des échanges entre la Chine et ces pays (notamment les textiles, l'électronique, les biens de consommation courante, les matériaux de construction et certains produits chimiques), pourraient voir leurs coûts augmenter. Cette hausse des prix à l'importation risque d'alimenter l'inflation sur les marchés locaux.
Taxe carbone de l'OMI
Par ailleurs, cette annonce coïncide avec des discussions cruciales à Londres au sein de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) concernant l'instauration d'une taxe mondiale sur les émissions de carbone du secteur maritime. Cette initiative vise à réduire la contribution de 3 % de l'industrie aux émissions mondiales de carbone. Sara Edmonson, responsable du plaidoyer mondial chez Fortescue (groupe minier australien), a qualifié cette potentielle taxe de « changeur de jeu ». Les négociations, qui s'achèvent vendredi, portent sur l'élaboration d'une norme sur les carburants et d'une tarification du carbone pour encourager la transition du transport maritime vers la neutralité carbone d'ici 2050.
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Si les nations insulaires du Pacifique et des Caraïbes soutiennent activement cette mesure, des puissances économiques comme la Chine et le Brésil expriment des réticences, craignant des répercussions économiques négatives. John Maggs, président de Clean Shipping (le gendarme de la protection de l’environnement maritime mondial), estime qu'un accord est probable, malgré les perturbations tarifaires et les tensions commerciales actuelles. Pour les investisseurs, cette évolution pourrait entraîner une réévaluation des actions du secteur maritime, favorisant les entreprises adoptant les technologies vertes au détriment de celles qui tardent à s'adapter aux nouvelles exigences environnementales. Cependant, les pays du tier monde pourraient continuer à subir la hausse des prix de marchandises à l’importation depuis ces grandes puissances telle qu’entamée par CMA CGM.



