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Au Cameroun, le sujet est presqu’ignoré alors même que l’avant-projet de ratification de cet accord, qui était attendu au Parlement lors de la session de mars 2019, sommeillerait dans un tiroir à la présidence de la République. En visite dans le pays du 20 au 22 avril dernier, la secrétaire exécutive de la Cea a plaidé auprès des autorités pour que le Cameroun puisse jouer un rôle de premier plan dans la ratification de l’accord établissant la Zlec, compte tenu de sa position de locomotive économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). A la veille de l’échéance du 30 mai 2019 fixée par l’Union africaine pour son entrée en vigueur, le Cameroun qui avait été l’un des premiers pays à adhérer à ce projet, le 21 mars 2018 à Kigali (Rwanda), n’a pas donné les raisons de sa réticence. Pib de 2500 milliards de dollars Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, qui aura le plus vanté l’avènement de cet accord, est étonnamment silencieux sur la question au moment de sa mise en œuvre sans le Cameroun. « Nous devons approvisionner les marchés africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale mise en place par l’Union africaine. Nous allons conquérir des nouveaux marchés régionaux, sous -régionaux, nous avons un bon sol et de bons produits », a-t-il répété depuis le 21 mars 2018. Sous-réserve des explications éventuelles du gouvernement, qui viendraient rassurer l’opinion quant au fait qu’il ne s’agit pas d’un oubli de sa part, il faudra peut-être attendre la session de juin prochain au Sénat et à l’Assemblée nationale pour voir enfin l’avant-projet de loi citée supra, arriver sur la table des sénateurs et des députés. Le temps de l’examiner et le voter éventuellement, le Cameroun prendra inéluctablement le train en marche. Pour mémoire, la Zlec représente potentiellement un marché de 1,2 milliard de consommateurs, pour un Pib de 2500 milliards de dollars, soit environ 1 465 700 milliards Fcfa. Pour le moment, seuls 22 pays ont ratifié cet accord commercial qui prévoit un important abaissement des droits de douane et vise à doper, sur les 10 premières années, les échanges intra-africains de 15% à 25% du commerce total du continent. Selon la Cea, l’avantage qu’offre cet accord réside dans le fait qu’il permet aux pays de se spécialiser dans leurs domaines de compétitivité et d’exporter de manière rentable vers leurs voisins immédiats et même vers les pays plus éloignés.
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Le 07 juin à Niamey (Niger), il est attendu un Sommet des chefs d’Eta et de gouvernement de l’Union africaine, qui entérinera le lancement de la première phase opérationnelle de la Zlec. Le plus dur pour l’instant reste le démantèlement des barrières douanières et l’harmonisation des règles douanières. L’on devrait en savoir un peu plus au terme des négociations d’Addis-Abeba (Ethiopie), entamées depuis le 20 mai dernier, sur la nomenclature des produits à détaxer ou à exclure de la liste de ceux devant circuler en franchise de douanes. 18 des 22 pays ayant ratifié la Zlec Le Kenya, le Ghana, le Rwanda, le Niger, le Tchad, le Swaziland, la Guinée, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Mali, la Namibie, la RDC, la Mauritanie, Djibouti, le Togo et l’Égypte, la Gambie.



