Le Groupe d’action financière (GAFI), organisme mondial de surveillance de la criminalité financière, a annoncé ce vendredi 24 octobre, avoir retiré le Burkina Faso, le Mozambique, le Nigeria et l’Afrique du Sud de sa liste grise. « Le GAFI salue les progrès significatifs accomplis par ces pays dans l’amélioration de leurs régimes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », indique l’institution dans son communiqué officiel. En revanche, le Cameroun, épinglé depuis juin 2023, reste sous surveillance renforcée, tout comme l’Algérie, la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire, aux côtés d’autres pays tels qu’Haïti, le Venezuela et le Royaume-Uni (Îles Vierges britanniques).
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Les juridictions inscrites sur cette liste sont considérées comme présentant des défaillances stratégiques dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Cette inscription ne signifie pas que ces pays soient inactifs, mais qu’ils doivent encore démontrer leur capacité à appliquer de manière effective les standards internationaux en matière de surveillance financière, de coopération judiciaire et de sanctions. Les États concernés sont soumis à une surveillance accrue et doivent rendre compte périodiquement des progrès réalisés dans la mise en œuvre de leurs plans d’action.
La thérapie de sortie du Cameroun
Selon le GAFI, le Cameroun doit poursuivre la mise en œuvre de son plan d’action pour corriger plusieurs défaillances stratégiques. L’organisme identifie cinq axes prioritaires sur lesquels Yaoundé doit concentrer ses efforts : renforcer la surveillance des institutions financières sur la base des risques, améliorer la sécurité et l’efficacité de l’échange d’informations entre la Cellule nationale de renseignement financier (ANIF), les autorités compétentes et les entités déclarantes, démontrer la capacité à mener des enquêtes et des poursuites sur les infractions liées au blanchiment, mettre en œuvre des politiques de saisie et de confiscation des produits du crime, et assurer l’application effective des régimes de lutte contre le financement du terrorisme sans perturber les activités légitimes des organisations à but non lucratif.
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Le GAFI note que le Cameroun a enregistré des avancées dans la mise en œuvre de ces mesures, mais souligne que tous les délais convenus sont désormais expirés. « Le Cameroun a continué à progresser dans son plan d’action, mais il reste encore du travail à accomplir pour remédier à ses défaillances stratégiques », précise l’institution, qui appelle le pays à intensifier ses réformes pour combler les lacunes identifiées et renforcer la transparence de son système financier.
Confiance des investisseurs ebranlée
Le maintien du Cameroun sur la liste grise constitue un signal négatif pour les investisseurs étrangers. Les juridictions inscrites sont considérées comme à risque pour les flux financiers internationaux, obligeant les institutions financières à appliquer des mesures de vigilance renforcées. Cette situation peut rallonger les procédures de financement, accroître les coûts de conformité et décourager certains investisseurs institutionnels.
Le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà recommandé à Yaoundé de moderniser son dispositif national de lutte contre le blanchiment et de renforcer la coordination entre les acteurs concernés. Dans cette optique, le président Paul Biya a doté l’ANIF de moyens supplémentaires, tant sur le plan humain que technologique, afin d’améliorer la détection et la prévention des transactions suspectes.
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Le Cameroun a été inscrit sur la liste grise du GAFI en juin 2023, à la suite d’une évaluation menée conjointement avec le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC). Depuis lors, plusieurs réformes ont été initiées, notamment la mise en place d’un mécanisme national de coordination interinstitutionnelle et la révision de certains cadres réglementaires. Cependant, le GAFI estime que ces efforts doivent encore produire des résultats concrets avant d’envisager un retrait de la liste.
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