Le budget de la mission « aide publique au développement » de l’Agence française de développement (AFD) s’annonce en baisse selon les débats en cours à l’Assemblée nationale sur la loi de finances du gouvernement français pour le compte de l’exercice 2025. Dans une interview accordée au média français Le Point, Rémy Rioux, Directeur général de l’AFD, fait savoir que ledit budget passerait de 6 milliards d’euros (3 935, 7 milliards de Fcfa) à 4 milliards d’euros (2 624 milliards de Fcfa). Si le texte est adopté puis promulgué, ladite allocation serait en diminution de 2 milliards d’euros (1 312 milliards de Fcfa) en valeur absolue et de 33,3% en valeur relative.
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Pour Rémy Rioux, « il ne s'agit pas seulement du budget de l'AFD, mais de la mission ‘’aide publique au développement ‘’dans son ensemble. D'un peu plus de 6 milliards d'euros cette année, elle perdrait 2 milliards l'année prochaine. Ce budget serait amputé de plus d'un tiers, la plus forte coupe de la loi de finances 2025, et plus encore pour le seul budget du ministère des Affaires étrangères. Une baisse inédite, qui me semble excessive. Ces montants concernent l'action multilatérale, comme nos contributions à la Banque mondiale, au Fonds mondial de lutte contre le sida ou aux agences de l'ONU, et aussi nos instruments dits bilatéraux, principalement le budget confié à l'AFD », interpelle-t-il les parlementaires.
Répercussions à l’échelle internationale
La coupe annoncée aura sans doute une incidence sur environ 150 pays au monde où l’AFD déploie ses activités. Il s’agit principalement des pays africains à l’instar du Cameroun où l'institution revendique un portefeuille de 721,55 milliards de Fcfa à fin décembre 2023 faisant du pays de Paul Biya le premier bénéficiaire des investissements financiers de l’AFD sur l’ensemble des 11 pays de l’Afrique centrale. Sous ce rapport, il pourrait en première ligne, être affecté par la baisse du budget à l’aide publique au développement qu’accorde Paris. Pourtant, le pilier de la Cemac est en attente de financements de l’AFD pour continuer à réaliser un certain nombre de projets dont le projet Yaoundé Cœur de ville d’un coût prévisionnel de 75 millions d’euros (49,2 milliards de Fcfa). Il sera financé à hauteur de 66,5 millions d’euros (environ 43,6 milliards de Fcfa ) par l’AFD
Risques sur les bénéfices de l’AFD
En substance, l’AFD craint que la « très forte diminution de ressources » puisse « déformer » ses activités dans les pays où elle étend ses activités. En effet, « l'AFD démultiplie l'argent budgétaire de façon spectaculaire. Sur ces 6 milliards d'euros, l'AFD en reçoit 2, qu'elle démultiplie en empruntant sur les marchés pour faire 12 milliards de financements chaque année. 4 000 projets concrets sont en cours de réalisation, partout dans le monde et d'abord en Afrique. … L'essentiel des projets que nous finançons est sous la forme de prêts à taux préférentiel, avec un effet multiplicateur de plus de six pour un euro d'argent public. Ces investissements bénéficient aussi significativement aux entreprises françaises : elles remportent 50 % des marchés conclus sur des financements de l'AFD, y compris lorsque les fonds proviennent d'autres financeurs », soutient Rémy Rioux.
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Sous réserve de l'approbation ou non du projet de loi supra indiqué, le DG de l’AFD pense déjà à une alternative. Il préconise notamment d'aligner le taux de la taxe de la France sur les transactions financières, aujourd'hui de 0,3 %, sur celui de la même taxe à Londres et à Francfort, soit 0,5 %, pour alimenter le Fonds de solidarité pour le développement. Ce qui rapporterait environ 1,5 milliard, a-t-il expliqué à nos confrères.
Pour rappel, d’après gestionnaire de la dette publique au Cameroun (CAA), le pays doit 768,3 milliards de Fcfa à la France à fin septembre 2024 soit 25,9% de dette bilatérale. Il est le deuxième partenaire bilatéral du Cameroun après la Chine qui en détient les 64,8% de l’encours évalué à 2 968 milliards de Fcfa au cours de la période sous-revue.



