L'accord de partenariat économique (APE) entre le Cameroun et l'Union européenne est entré, depuis le 4 août 2026, dans sa 11ème phase de mise en œuvre, selon un communiqué du ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze. « Les marchandises originaires de l'Union européenne sont éligibles au bénéfice du tarif préférentiel à l'importation, au taux de démantèlement du droit de douane ainsi qu'il suit : 100 % pour les produits du groupe 1, 100 % pour les produits du groupe 2 et 70 % pour les produits du groupe 3 », précise le membre du gouvernement.
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En effet, cette nouvelle phase qui s’étend jusqu’au 4 août 2027, stipule que les marchandises du 3e groupe éligibles au régime commercial préférentiel vont bénéficier d’une réduction de 70% des droits de douanes sur les importations contre une exonération de 60% à 10e phase qui vient de s’achever. Cette réduction va évoluer de l’ordre de 10% jusqu’au 3 août 2029. Cette catégorie des produits dits à rendement fiscal élevé est constituée entre autres : des véhicules pour le transport en commun des personnes, les véhicules de tourisme, les motos, carburants, le ciment, les appareils récepteurs de télévision, les tracteurs pour semi-remorques, lavabo, vaisselle, carreaux, les céréales (sorgho, blé, orge, seigle), etc.
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Le Cameroun et l’UE engagent une autre phase des APE alors depuis leur entrée en vigueur le 4 août 2016, les pertes fiscales du Cameroun n’ont cessé de s’aggraver, passant de 700 millions FCFA en 2017 à 19,6 milliards FCFA en 2025, pour des pertes fiscales cumulées de 103,6 milliards FCFA en 10 ans. De son côté, l’UE défend l’APE en soulignant qu’il a permis au Cameroun d’être excédentaire en termes de balance commerciale avec l’Europe. « Cet excédent pourrait même être plus important si le Cameroun mettait en place les conditions suffisantes pour améliorer l’environnement des affaires, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements européens, afin de créer une base industrielle solide. C’est la raison pour laquelle l’UE a proposé au Cameroun de négocier un Accord sur la facilitation des investissements durables (AFID) », a déclaré Stéphane André, le chef de la section commerciale de l’UE au Cameroun dans une interview accordée au journal à capitaux publics Cameroon Tribune en août 2025.
Un APE sous-régional
Avant d’arriver en fin de mission diplomatique, Jean-Marc Châtaigner, ex ambassadeur de l’UE au Cameroun, a émis le plaidoyer pour la signature d’un Accord de Partenariat Économique (APE) régional incluant l’ensemble des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). « Moi, je vous le dis très franchement, je regrette par exemple qu’il n’y ait qu’un accord de partenariat économique avec le Cameroun, et pas avec l’ensemble de la CEMAC. Parce que ça aurait mis plus de sens d’avoir ce partenariat économique avec la région et donc, ça permettrait au Cameroun de peser peut-être plus par rapport au sens des partenaires européens », a défendu le diplomate lors la 4e édition de la Finance Week organisée par le EcoMatin le 30 avril 2026 à Yaoundé.
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Rappelons que c’est en 2016 que le Cameroun a passé un accord avec l’UE (qui représente l’un des principaux clients du Cameroun avec environ 40% des parts du marché) et la Grande Bretagne sortie de la zone économique en janvier 2020 (Brexit). A travers ce deal, l’Etat a voulu préserver l’accès de certains produits sur le marché européen ; une manière de restituer aux importateurs, une partie des droits et taxes qu’ils devraient normalement supporter. L’objectif visé étant de « réduire les risques d’aggravation de la balance commerciale, de garantir le rapatriement des devises, préserver les emplois et l’amélioration du bien-être des populations », explique-t-on au sein de la douane.
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