L'usine CIMFIG de Figuil a repris ses activités depuis le 13 juin, mettant fin à près de deux semaines d'interruption, selon le directeur de l’usine, Pierre Paul Mbarga contacté par Cameroon Tribune. Cette reprise permet à Cimencam de remettre en marche l'un de ses sites industriels les plus stratégiques, dont l'arrêt avait déjà commencé à provoquer des tensions sur le marché régional du ciment.
La filiale du groupe Holcim avait suspendu sa production au début du mois de juin après avoir été déconnectée du Réseau interconnecté Nord par la Société camerounaise de distribution d'énergie locale (Socadel), confrontée à un déficit de production électrique. L'entreprise avait alors évoqué une « crise énergétique majeure » affectant la région et contraignant à l'arrêt complet de ses installations. Selon les informations publiées par Cameroon Tribune, l'alimentation électrique a finalement été rétablie à la suite des mesures prises par les autorités publiques. Quelques jours auparavant, le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, avait rencontré une délégation du groupe Lafarge-Holcim et promis des solutions pour sécuriser l'approvisionnement énergétique du site.
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L'épisode illustre l'importance prise par l'usine de Figuil dans l'économie des régions septentrionales. Avec une capacité de production de 500 000 tonnes de ciment par an et 1 000 tonnes de clinker par jour, le site constitue l'une des principales sources d'approvisionnement du Nord Cameroun ainsi que d'une partie du marché tchadien. Durant l'arrêt de production, plusieurs distributeurs ont signalé une raréfaction du ciment produit localement. À Garoua, certaines marques concurrentes ont vu leurs prix grimper de 5 800 à près de 9 000 FCFA le sac, soit une hausse supérieure à 55 %, selon les estimations relayées par les autorités locales.
Au-delà des tensions sur les prix, près de 200 emplois directs étaient également menacés par une prolongation de l'arrêt des activités. Inaugurée en juin 2025 après un investissement de près de 60 milliards de FCFA, CIMFIG est la première cimenterie intégrée du Cameroun capable de produire à la fois du clinker et du ciment. Son arrêt temporaire met en lumière la vulnérabilité des investissements industriels face aux difficultés persistantes du système électrique national.
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L'épisode intervient alors que plusieurs régions du pays continuent de subir des perturbations énergétiques. Au Sud, les tensions entre l'État et l'énergéticien Globeleq avaient déjà conduit au retrait partiel de capacités de production des centrales thermiques de Kribi et de Dibamba, provoquant des délestages affectant des millions d’usagers.








