Au Cameroun, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji, a instruit le gouverneur du Centre du suspendre de la circulation, les camions de sable, grumiers transportant des billes de bois, bus porteurs des agences de voyages et gros camions citernes sur le tronçon Nkolbisson-Boumnyebel (région du Centre) de l’autoroute Yaoundé-Douala. Le Minat tient pour arguments la dégradation des ouvrages et autres accotements qui figurent sur ce linéaire long de 60 km.
Mais au-délà de veiller à la protection du patrimoine routier, la décision du membre du gouvernement pourrait également avoir un lien avec l’absence d’un pesage routier qui ne faciliterait pas la vérification du poids des véhicules. C’est en tous cas, l’analyse de Jean Collins Defossonkeng, président du Syndicat national des employés du secteur terrestre (Synester). « Nous étions dans l’attente de cette correspondance…Quand une route n’est pas encore livrée, il n’est pas bon que les gros porteurs commencent à l’utiliser parce que nous savons que la plupart des hommes d’affaires au Cameroun sont si cupides qu’ils ne se gardent pas au maximum de surcharger leurs véhicules. Il me semble qu’une route construite se doit d’être préservée et quand il n’y a pas encore un pesage routier pour pouvoir se rassurer que les véhicules qui passent par-là ont un poids total à charge acceptable, il est bon qu’on interdise à ces gros porteurs d’emprunter l’autoroute», nous confie-t-il.
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Quand bien même le pesage serait construit, l’autre challenge serait de l’automatiser pour éviter la perte des recettes du fait du contact humain. Notons que l’interdiction de circulation de ces véhicules de transport de marchandises survient alors que la phase 1 de l'autoroute Yaoundé-Douala supra mentionnée, n’a pas encore été réceptionnée. Les travaux y relatifs ont démarré en octobre 2014 pour une durée de 48 mois (4 ans). Cependant, ce n’est qu’en décembre 2021 que l'infrastructure routière a été ouverte à la circulation. Une étape complétée par les travaux de raccordement de 25 km des deux côtés.
Réalisée par China First Highway Engineering Company (Cfhec) à hauteur de 423,5 milliards de Fcfa, ce projet aura donc connu un retard criard attribué tant au paiement des décomptes que la non-libération des emprises. Quant à la phase 2 (136 km), les travaux n’ont toujours pas débuté. Le chinois Cfhec a été reconduit sur le chantier subdivisé en trois phases : Bibodi à Edéa (40 km), Edéa-Entrée Est de Douala et la voie de contournement de Douala pour un coût prévisionnel de 899, 3 milliards de Fcfa.



