Tout au long de l’année 2024, le Cameroun a exporté 1 412 124 tonnes de bois et ouvrages en bois vers le marché extérieur pour 249,6 milliards FCFA. Selon le rapport sur le Commerce extérieur du Cameroun publié par l’Institut national de la statistique (INS), ces ventes affichent une hausse de 47 496 tonnes en glissement annuel, tandis que les recettes générées ont reculé de 13,5% comparativement aux 288,2 milliards FCFA enregistrés à fin 2023. Cette régression a contribué à réduire de 2 points de pourcentage le poids de cette ressource dans les recettes globales d’exportations à fin 2024 ; de 9,6% à 7,6% ; et correspond à une deuxième année successive de baisse des revenus d’exportation de bois, après le déclin enclenché en 2023.
La baisse des revenus de la vente internationale du bois camerounais est appuyée par un ralentissement de 41,9% des ventes des bois semi-transformés. Pour la première fois depuis 5 ans, les exportateurs camerounais ont sorti moins d’un million de tonnes de bois sciés, soit exactement 895 572 tonnes pour des recettes de l’ordre de 180,2 milliards (-9,5%). Le bois brut, principal produit d’exportation de la filière sylviculture et foresterie, a également été moins vendu. Les exportations de grumes ont chuté tant en volume (-20,3%) qu’en valeur (-26,4%), passant, d’une année à une autre, de 596 540 tonnes à 475 401 tonnes, et de 64,3 milliards FCFA à 47,3 milliards FCFA.
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Les volumes sortant de Feuilles de placage en bois ont reculé de 7,7% à 50 803 tonnes, après un peu plus de 55 000 tonnes vendues sur le marché international en 2023. Les recettes issues de ces exportations ont également dégringolé de 17,7% à 17,8 milliards FCFA. Seules les ventes de bois contre-plaqué, plaqué et stratifié ont enregistré une hausse considérable, permettant de freiner la chute des activités des exportateurs camerounais. Ces catégories de bois transformés, qui rapportent le moins (moins d’1 milliard FCFA), ont permis de générer 891 millions FCFA (+32,2%) pour 3 120 tonnes d’ouvrages vendues.
Bien que l’INS n’explique pas cette contraction des ventes, ces chiffres reflètent la conséquence du durcissement de la fiscalité autour de l’exploitation forestière par les autorités publiques camerounaises sur le dynamisme des opérateurs du secteur. En effet, en prélude à l’interdiction d’exporter les grumes en gestation en CEMAC depuis quelques années et dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2028, le gouvernement camerounais a entrepris de surtaxer progressivement les exportations du bois, dans l’objectif d’encourager les 2è et 3è transformation du bois localement.
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Durant la période 2017-2022, le droit de sortie des grumes n’a cessé de grimper, passant de 17,5% de la valeur FOB de l’essence à 50%. Le Groupement de la filière bois du Cameroun (GFBC), qui revendique 70% des exportations du bois du pays, plaidait en fin 2022, auprès du gouvernement, pour un allègement de cette fiscalité oppressive. « Excellence monsieur le Premier ministre, si rien n’est fait dans le sens de la préservation de notre filière, nous courons tout droit vers un déluge qui mettra en péril les investissements colossaux de nos entreprises […] nous sommes à ce jour fiscalement étranglés », exprimait le GFBC dans une correspondance adressée au Premier ministre le 23 décembre 2022. Le gouvernement camerounais a tout de même poursuivi sa tendance avec deux relèvements successifs de cette taxe à 60 (PLF 2023) puis 75% (PLF 2024).
Il faut noter que cette stratégie semble fonctionner, à la vue de la progression des ventes de bois transformés. Selon le rapport trimestriel sur le Commerce extérieur, les exportations de bois brut et semi-transformé continuent d’être freinés (-18% au 1er trimestre 2025), à 44 milliards FCFA pour 229 000 tonnes de bois sorties. Entre janvier et mars, le pays a vendu 94 000 tonnes de grumes pour 9 milliards (-8,5%) ; 151 000 tonnes de bois sciés pour 31 milliards (-20,9%) et 11 000 tonnes de feuilles de placage pour 3 milliards (-21,4%).











