Les perspectives macroéconomiques, les projections budgétaires des recettes et des dépenses totales de l’État ainsi que le déficit budgétaire projeté sur la période 2025-2027, affichent des hypothèses optimistes à la lecture du document de programmation économique et budgétaire du triennat suscité. Ces hypothèses qui selon le ministère des Finances sont « les plus vraisemblables », affichent une croissance économique globale projetée à 4,4% dont 4,6% pour le secteur non pétrolier ; l’inflation devrait se hisser à 4% après avoir dépassé de deux fois le seuil de convergence communautaire à 7,4%.
Ainsi, concernant les recettes pétrolières, elles sont projetées à 828,3 milliards en 2025, en augmentation de 26,7 milliards par rapport à 2024. Cette hausse est liée à l’augmentation de la redevance pétrolière et gazière qui passe de 597,3 milliards en 2024 à 653 milliards en 2025, tirée par la hausse simultanée de la production du gaz et de son prix, ainsi que par l’appréciation du dollar par rapport au Fcfa.
Cependant, grâce à l’augmentation de la redevance pétrolière et gazière, la baisse de l’impôt sur les sociétés de ce secteur s’en trouvera compensée. Elle passe ainsi de 204,3 milliards en 2024 à 175,3 milliards en 2025.
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Le gouvernement prévoit aussi à moyen terme, une baisse tendancielle des recettes pétrolières à 596,6 milliards en moyenne entre 2026 et 2027, soit -28,3% en 2025, compte tenu de de la baisse simultanée de la production et du prix du gaz ainsi que de la poursuite de l’évolution baissière des cours mondiaux du pétrole.
Quant aux recettes hors pétrole, le gouvernement les pondère à 4 765,5 milliards en 2025 contre 4 329,7 milliards en 2024 ; elles sont en augmentation de 435,9 milliards, soit une progression de 10,1%. Leur structure laisse apparaître 3 205,6 milliards de Fcfa de recettes fiscales ; 1205,1 milliards de Fcfa de recettes douanières de 1 205,1 milliards ; et des recettes non fiscales de 354,8 milliards. Les recettes fiscales et douanières augmentent globalement de 412 milliards par rapport à 2024, en raison de la dynamique de l’activité non pétrolière, de l’apurement progressif de la dette fiscale et douanière ainsi que d’un effort fiscal de 0,3% du PIB. Mais, entre 2026 et 2027, les recettes internes non pétrolières sont projetées à 5 417,7 milliards en moyenne, en augmentation 13,7% par rapport à 2025, du fait du maintien de la dynamique.
Au chapitre des dépenses, le gouvernement table sur une augmentation de plus de 422 milliards de Fcfa à 5 702,4 milliards en 2025 par rapport à 2024. Entre 2026 et 2027, ces dépenses se situeraient à 6 092,2 milliards en moyenne, en augmentation de 389,9 milliards. Dans le détail, on retrouve dans les dépenses de personnels, une hausse de 175,5 milliards, passant ainsi de 1 487,8 milliards en 2024 à 1 663,4 milliards 2025. Cette forte augmentation vise à prendre en compte l’apurement de la dette salariale et les effets de l’actualisation des carrières des agents publics dans le système intégré Sigipes 2 qui entrera en fonction en 2025.
Entre 2026 et 2027, ces dépenses s’établiront selon le gouvernement, à 1 771,2 milliards en moyenne, soit une augmentation de 107,9 milliards par rapport à 2025. Les dépenses de biens et services passent de 919,5 milliards en 2024 à 997,5 milliards en 2025 soit une augmentation de 78 milliards. Ce qui vise à renforcer la dotation dédiée aux dépenses sécuritaires ainsi qu’à prendre en compte les dépenses destinées à la préparation et à l’organisation des élections en 2025. En 2026 et 2027 ces dépenses sont projetées à 1 002,2 milliards, tandis que les transferts et subventions diminuent de 121,7 milliards de Fcfa, passant ainsi de 1 156,4 milliards en 2024 à 1 034,7 milliards en 2025. Une baisse liée à l’ajustement de la provision dédiée au soutien des prix des carburants à la pompe qui passe de 263,3 milliards en 2024 à 80 milliards en 2025.
Pour ce qui est des dépenses en capital, elles augmentent de 257,2 milliards entre 2024 et 2025, passant de 1 394,1 milliards à 1 651,4 milliards. Et en 2026 et 2027, elles progressent de 246,2 milliards de FCfa à 1897,3 milliards de Fcfa.

