Alors que le Cameroun avait lancé sa campagne 2026-2027, le 7 août dernier, avec un prix bord champ de 2 500 FCFA le kilogramme, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, démarre la sienne ce 1er septembre à seulement 1 200 FCFA/kg. Cet écart entre la valeur des fèves des deux pays s’explique notamment par les mécanismes de commercialisation et de fixation des prix propres à chaque filière. En Côte d’Ivoire, le niveau retenu intervient surtout dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur.
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En effet, la campagne 2025-2026 s’est achevée sur une production record de 2,2 millions de tonnes, contre environ 1,9 million la saison précédente. Une forte récolte qui a aggravé les difficultés d’écoulement des fèves, avec d’importants stocks restés entre les mains des producteurs et des opérateurs. Pour tenter d’enrayer la crise dans un secteur qui pèse 14% du PIB et fait vivre 5 millions de personnes, le Conseil Café-Cacao (CCC), régulateur de la filière ivoirienne, a mobilisé environ 280 milliards FCFA pour racheter 123 000 tonnes de fèves.
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Le gouvernement annonçait, le 11 aout dernier, avoir "boucler" le rachat de la totalité des stocks invendus par les planteurs cependant les estimations sur les volumes réellement restés divergent, alimentant les tensions entre les organisations paysannes et le régulateur.
À cette pression sur les stocks s’ajoute la contrainte du niveau des cours internationaux. Ceux-ci ont fortement progressé depuis le début de l’année (passant de 4 875 $ la tonnes en septembre 2025 à 5 521 $ à date selon Trading Economics), mais le CCC avait déjà vendu une partie de la récolte à terme lorsque les prix mondiaux étaient beaucoup plus faibles. La filière ivoirienne doit donc composer avec des engagements pris à des niveaux de prix qui ne correspondent plus nécessairement aux conditions actuelles du marché.
Éviter une nouvelle crise
Selon le gouvernement, le choix d’ouvrir la campagne dès le 1er septembre -- au lieu du traditionnel 1er octobre -- participe à une volonté de réorganiser la commercialisation. Abidjan cherche notamment à harmoniser son calendrier avec celui du Ghana, deuxième producteur mondial, afin de renforcer leur coopération sur le marché international et de limiter les phénomènes de contrebande.
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Les deux pays ont constitué en 2018 l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, afin de défendre les revenus des planteurs et peser de leurs poids conjugués sur le marché mondial. Les autorités ivoiriennes veulent également mieux contrôler l’origine des fèves grâce au nouveau Système national de traçabilité (SNT, dont l’entrée en vigueur est prévu pour le second semestre 2026), destiné à suivre les achats auprès des producteurs et à lutter notamment contre la contrebande en provenance des pays voisins.
Pour rappel, pour la campagne 2025-2026, le Conseil Café-Cacao avait fixé le prix bord champ à un montant record de 2 800 FCFA/kg, avant de le ramener à 1 200 FCFA en mars lorsque les cours internationaux ont fortement reculé. Pour la saison 2026-2027, le gouvernement a finalement retenu le niveau de 1 200 FCFA/kg, correspondant au bas de la fourchette proposée par le régulateur.
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