La Côte d’Ivoire et le Ghana ont relancé mardi leur projet d’élargissement de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) au Cameroun et au Nigeria, dans une tentative de renforcer le poids des producteurs africains face aux industriels du chocolat et aux négociants internationaux. Réunis à Abidjan lors d’un sommet consacré à la filière, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont annoncé leur volonté d’ouvrir davantage cette plateforme créée en 2018 afin de coordonner les politiques de commercialisation et de défendre les revenus des producteurs.
« Nous devons agir ensemble », ont déclaré les deux chefs d’État, confrontés à une forte volatilité des cours mondiaux, au vieillissement des plantations, aux effets du changement climatique et à la propagation de maladies qui affectent les rendements des cacaoyers. L’initiative n’est pas nouvelle. Dès 2023, Abidjan et Accra avaient multiplié les démarches auprès de Yaoundé et d’Abuja afin de les convaincre de rejoindre ce qui est souvent présenté comme une forme d’« OPEP du cacao ». L’objectif était alors de constituer un bloc contrôlant près de 75 % de l’offre mondiale.
Lire aussi: Cacao of Excellence 2025 : le cacao camerounais couronné d’or sur la scène mondiale
Mais les discussions n’avaient pas abouti. Le Cameroun, quatrième producteur africain, continue notamment de commercialiser l’essentiel de sa production au comptant, contrairement à la Côte d’Ivoire et au Ghana qui privilégient les ventes anticipées. Des divergences subsistaient également autour du mécanisme du Différentiel de revenu décent (DRD), instauré par Abidjan et Accra pour améliorer la rémunération des planteurs. Premier produit d’exportation du Cameroun devant le pétrole en 2025, le cacao a généré près de 810 milliards de FCFA de recettes l’an dernier, selon les données officielles. Au premier trimestre 2025, les exportations de fèves avaient déjà rapporté plus de 500 milliards de FCFA, soit près de 45 % des recettes totales d’exportation du pays.
Pour les promoteurs de l’initiative, l’intégration du Cameroun et du Nigeria permettrait de renforcer le pouvoir de négociation des pays producteurs dans un marché largement dominé par les grands groupes internationaux de transformation et de négoce. Cette relance intervient toutefois dans un contexte moins favorable qu’au moment des records historiques observés en 2024. Après avoir dépassé 10 000 dollars la tonne, les cours mondiaux du cacao se sont nettement repliés ces derniers mois sous l’effet des anticipations de reprise de la production mondiale.
Au-delà de la question des prix, les dirigeants ivoirien et ghanéen souhaitent désormais renforcer la coopération sur la recherche agronomique, la lutte contre les maladies des plantations et l’adaptation de la filière aux changements climatiques.
Lire aussi :Côte d’Ivoire : les négociants gèlent les achats de cacao pour obtenir une baisse des prix














