Au Cameroun, le Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF) a officiellement lancé, le 16 avril 2025 à Yaoundé, ses activités pour le compte de l’exercice 2025. Ce fut l’occasion, pour cet organe administratif chargé de prononcer des sanctions à l’encontre des agents de l’État jugés coupables d’irrégularités et de fautes de gestion dans l’exercice de leurs fonctions, de présenter le bilan de ses actions menées au cours des 16 dernières années. Ainsi, il y ressort qu'au cours de la période de référence,2008 à 2024, l’organe de discipline budgétaire et financière a reçu 137 dossiers de saisine des Autorités compétentes (Présidence de la République, chefs départements ministériels) et examiné les affaires y relatives, concernant 340 personnes mises en cause.
L’instance rattachée au Contrôle supérieur de l’État (Consupe) indique avoir sanctionné 1 058 fautes de gestion, acquittée les personnes mises en cause pour 347 irrégularités présumées, et s’être déclarée incompétente sur 78 griefs. En termes de préjudice financier, celles-ci ont causé une perte de 145,4 milliards de Fcfa à l’Etat depuis 2008 soit 145,1 milliards de préjudice financier réel retenu à la charge de certains contrevenants et de 246,4 millions de Fcfa représentant le montant total des amendes spéciales infligées aux personnes mises en cause. Calculette en main, l’État camerounais a perdu en moyenne plus de 9 milliards de Fcfa par an à cause de l’indélicatesse dans la gestion des fonds publics.
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À en croire le Conseil de discipline budgétaire et financière, « DG, les Directeurs et les Maires sont responsables de plus de la moitié des fautes de gestion sanctionnées par le CDBF depuis 2008 ». Les statistiques officielles montrent que 321 fautes de gestion ont été incriminées aux responsables des entreprises publiques pour un préjudice de 74,3 milliards de Fcfa. Le document ne cite pas nommément les personnalités accusées, mais l’on retient tout de même que les agents de l’administration provisoire sont épinglés pour 31,4 milliards de Fcfa, les mandataires patents ou de fait 12,8 milliards de Fcfa. Les recteurs et vice-recteurs d’Universités cumulent 2,7 milliards de Fcfa tandis que les Maires ont causé une perte de 625, 4 millions de Fcfa au cours de la période sous-revue.
Plus de 72 milliards de Fcfa de présumés détournements en 2023
Si l’on peut d’ores et déjà saluer l’identification des fonds volatilisés par les agents publics, le principal défi reste celui de recouvrer effectivement cet argent dans un contexte où les défis socio-économiques sont énormes. A ce propos, « le message résidentiel est le suivant : après la phase pédagogique et le temps des mises en garde solennelles, l’heure de la répression tous azimuts, qui a déjà sonné, elle ne prend pas en considération les statuts personnels et professionnels ou les origines géographiques des uns et des autres », a verti la ministre déléguée à la présidence de la République chargée du Consupe Mbah Acha née Fomundam s’adressant aux autorités publiques, ordonnateurs, gestionnaires et contrôleurs de la chose publique de tous niveaux le 16 avril dernier.
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Rappelons que pour la seule année 2023, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a reçu des dénonciations de 12 cas présumés de détournement des deniers publics pour un montant de 72,3 milliards de Fcfa. C’était la deuxième infraction après les fraudes diverses où 226 cas ont été soupçonnés pour un flux financier de 1 577 milliards de Fcfa.








