L’année 2024 marque un tournant pour les Aéroports du Cameroun. Selon son rapport annuel, l’entreprise publique, gestionnaire du réseau aéroportuaire national, a dégagé un bénéfice net de 9,2 milliards de FCFA, soit plus du double des 4,4 milliards FCFA engrangés en 2023 (+104%). Il s’agit de son meilleur résultat depuis 2019, quand la société avait réalisé 6,9 milliards de FCFA, avant d’être frappée par la crise sanitaire qui avait entraîné une perte de 1,9 milliard FCFA en 2020.
Depuis, ADC a progressivement redressé ses comptes : 4,2 milliards FCFA en 2021, 3,2 milliards en 2022, puis une nouvelle accélération en 2023 à 4,4 milliards FCFA. La barre franchie en 2024 confirme ainsi la solidité retrouvée de l’opérateur.
Trafic en hausse, chiffre d’affaires consolidé
Cette rentabilité s’appuie sur la dynamique du trafic aérien. Les aéroports camerounais ont accueilli 1,77 million de passagers en 2024, en hausse de 5,6% sur un an. Le rebond est particulièrement marqué sur l’international, qui représente désormais 60% du trafic. Les dessertes intercontinentales ont bondi de 31%, confortant le rôle du Cameroun comme hub de transit dans la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
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Cette croissance se reflète dans les finances : le chiffre d’affaires d’ADC est passé de 35,2 milliards en 2023 à 36,7 milliards en 2024 (+4,2 %). À Douala, première plateforme du pays, les flux internationaux ont progressé de 9%, tandis que Yaoundé-Nsimalen a enregistré une hausse de 12,7% des passagers. À l’inverse, le trafic domestique a reculé de 17%, pénalisé par les difficultés de la compagnie aérienne nationale Camair-Co. Les aéroports secondaires (Bamenda, Bafoussam, Maroua, etc.) restent fragiles : le nombre total de passagers a diminué de 5,6%, tandis que le volume de fret a chuté de manière significative (-64,8 %) en raison de la disparition des opérations de fret international.
Cap sur la bourse
Au-delà de la conjoncture, ADC met en avant les réformes internes engagées depuis 2017 pour se conformer au droit OHADA et au cadre des entreprises publiques. Celles-ci concernent la planification stratégique, la formation des cadres et la mise en place d’un dispositif de gestion des risques. Ces résultats records interviennent alors que l’entreprise se prépare à franchir un nouveau cap : son introduction en bourse. L’opération, pilotée par Emerald Securities Services Bourse (ESS Bourse), vise à diversifier ses sources de financement et à renforcer la transparence.
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Si aucun calendrier officiel n’a encore été annoncé, le processus serait en cours et constitue une étape stratégique. Pour ADC, l’enjeu est double : maintenir la dynamique de rentabilité enclenchée et convaincre les investisseurs de la durabilité de son modèle, dans un secteur soumis aux aléas du transport aérien.



