C’est un vrai cadeau que fait le gouvernement aux entreprises de la filière bois. L’article 25 du projet de loi de finances 2026 de l’État du Cameroun, déposé le 26 novembre au Sénat et à l’Assemblée nationale, introduit un important allègement de la redevance forestière annuelle (RFA), un impôt stratégique dans l’économie forestière nationale. Par dérogation aux dispositions de l’article 243 du Code général des impôts, le texte institue, pour l’exercice budgétaire 2026, un abattement de 25% sur la RFA due par les entreprises titulaires de titres d’exploitation forestière en cours de validité. Une mesure conjoncturelle qui vise à redonner de la marge à un secteur éprouvé par l’augmentation des coûts logistiques, la baisse de la demande internationale et les exigences croissantes en matière de conformité environnementale.
L’incitation est encore plus marquée pour les entreprises engagées dans la gestion durable. Le projet de loi porte en effet l’abattement à 35% pour les opérateurs capables de justifier, avant la date limite de paiement de la première tranche, c’est-à-dire, le 15 mars, d’une certification en gestion durable des forêts délivrée par une instance compétente et reconnue. En clair, le gouvernement veut stimuler l’adoption des standards internationaux tels que FSC (Conseil de soutien de la forêt ou Forest Stewardship Council, en anglais) ou encore PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), incontournables pour accéder aux marchés européens et asiatiques. Pour les autorités camerounaises, ce geste fiscal s’inscrit dans une volonté d’encourager la modernisation des exploitations, de renforcer la traçabilité et d’améliorer la compétitivité des produits forestiers camerounais.
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En 2024, les revenus à l’exportation du bois ont enregistré une baisse de 23% liée, selon les exportateurs, au relèvement de la taxation à l’exportation du bois en grumes. Et au premier trimestre 2025, les pertes de revenus en valeur réelle des exportations de bois brut et transformé ont été chiffrées à 20 milliards Fcfa. Le nouvel abattement annoncé par le gouvernement devrait constituer pour les entreprises, un souffle financier susceptible de faciliter la maintenance des équipements, la mise à jour des plans d’aménagement ou encore l’investissement dans la transformation locale. Reste à savoir si cette réduction fiscale se traduira par une montée en qualité des opérations forestières, un élargissement du nombre de concessions certifiées et, in fine, une meilleure durabilité de la ressource. Pour les mêmes raisons de promotion d’un secteur forestier durable, le gouvernement a procédé pour l’année 2025 à une réduction de la taxe d’abattage de 3% à 2,5% pour les entreprises justifiant d’une certification de gestion durable.









