L’encours de la dette publique du Cameroun a atteint 15 416 milliards de FCFA, soit 44,3 % du PIB, selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Ce stock est en hausse de 867 milliards de FCFA (+6 %) en glissement annuel, contre 14 549 milliards de FCFA à fin mars 2025. Malgré cette progression, le taux d’endettement recule légèrement, passant de 44,7 % à 44,3 % du PIB, maintenant le pays en deçà du seuil de surveillance de la CEMAC. Pour la CAA, cette évolution traduit « une gestion prudente et cohérente avec les orientations de la Stratégie d’endettement à moyen terme (SDMT) 2025-2027 », qui fixe un plafond de 50 % du PIB, en dessous du seuil communautaire de 70 %.
La structure de la dette reste fortement concentrée au niveau de l’administration centrale, qui en détient 93,6 % (14 431 milliards de FCFA). Les entreprises publiques représentent 6,2 % (960 milliards FCFA), contre 0,2 % (26 milliards FCFA) pour les collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Dans le détail, l’encours demeure dominé par la dette extérieure, contractée auprès des créanciers multilatéraux, bilatéraux et commerciaux. Celle-ci s’établit à 9 301 milliards de FCFA à fin mars 2026, en hausse de 7,4 % sur un an, et représente 60,3 % du portefeuille global (hors restes à payer), contre 59,5 % un an plus tôt.
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La dette intérieure atteint pour sa part 5 129 milliards de FCFA, en progression de 6,4 % en glissement annuel, soit 33,3 % de l’encours total, contre 33,1 % à fin mars 2025. La hausse de la dette extérieure est principalement tirée par le segment commercial, dont l’encours est passé de 1 371 milliards FCFA à 2 083,7 milliards de FCFA, soit une progression de 51,9 %. Cette dynamique s’explique notamment par la mobilisation de 483,1 milliards de FCFA via un placement privé structuré sur les marchés du London Stock Exchange Group (LSEG), ainsi que par le recours accru à la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). L’encours auprès de cette institution a plus que doublé, passant de 208,8 milliards à 547,9 milliards de FCFA, soit une hausse de 162,4 %.
Par ailleurs, la dette multilatérale a progressé de 6,1 %, pour atteindre 4 808,5 milliards de FCFA, tandis que la dette bilatérale recule de 12,7 %, à 2 409 milliards FCFA. À moyen terme, les perspectives restent orientées à la baisse. Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un taux d’endettement de 39,3 % du PIB en 2026, tandis que l’agence Fitch Ratings le projette à 40,2 % à l’horizon 2027.
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