L’heure est aux grandes manœuvres pour DEKAP.LAH S.A. L’établissement de microfinance (EMF) s'apprête à sceller son destin lors d’une assemblée générale mixte cruciale dans son fief de Bamendjou. Objectif affiché : valider un plan de redressement agressif pour stopper l’érosion de ses fonds propres et pérenniser ses activités. Selon une note du conseil d’administration consultée par EcoMatin, la mesure phare de ce plan consiste à propulser le capital social de l'institution de 836 millions à 1,5 milliard de FCFA. Ce renflouement massif représente une progression de 44 %. Une bouffée d'oxygène financière indispensable pour « la mise en œuvre du plan de redressement et du renforcement des fonds propres », précise la note d'information.
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Fondée en 1995 sous la forme d'une Mutuelle Communautaire de Croissance (MC2 de Bamendjou), l'institution a fait du chemin avant de devenir une société anonyme. Mais après des années de croissance, la réalité financière a rattrapé l'EMF, dont les indicateurs se sont dangereusement dégradés ces derniers temps, rendant cette recapitalisation vitale.
La fin de « l'éparpillement excessif » des petits porteurs
Au-delà des chiffres, c'est l'architecture même du pouvoir que DEKAP.LAH s'apprête à revoir. Le conseil d’administration pointe du doigt un mal managérial interne : « un éparpillement excessif » de son actionnariat.
Pour y remédier et fluidifier la prise de décision, l’assemblée générale devra acter une restructuration radicale de la représentation des petits porteurs. Concrètement, un mécanisme de regroupement va être mis en place pour rationaliser leur présence aux assemblées, entraînant de fait une refonte des statuts de l’entreprise et un verrouillage de sa gouvernance.
Ce plan de sauvetage intervient dans un contexte national particulièrement morose pour la microfinance locale. Au 31 décembre 2025, le Cameroun affichait un tableau de 385 EMF agréés par le ministère des Finances. Derrière ce chiffre se cache une crise de confiance profonde : les faillites en cascade, les mises en liquidation et les placements sous administration provisoire se succèdent à un rythme effréné.
Dans les rangs des épargnants, l’inquiétude grandit quant à la sécurité de leurs dépôts. Une instabilité chronique que les experts attribuent au cocktail toxique d'une gestion indélicate de certains promoteurs d'une part, et du durcissement inflexible de la supervision de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) d'autre part. En augmentant son capital, DEKAP.LAH choisit l'offensive pour ne pas être la prochaine victime de cette hécatombe financière.
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