Au Cameroun, le chiffre d'affaires de la Société nationale de transport de l'électricité (Sonatrel) est retombé à 49,6 milliards de FCFA en 2025, contre 64,3 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 22,8 %. Selon les états financiers publiés par l'entreprise publique, ce recul ne traduit pas une contraction de l'activité, mais résulte principalement de l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2025, du nouveau tarif de transport fixé par l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (Arsel), ramené de 9,18 FCFA à 6,738 FCFA par kilowattheure, soit une diminution de 26,7 %.
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D'après les données compilées par la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) et les états financiers de la Sonatrel, il s'agit du chiffre d'affaires le plus faible enregistré par l'entreprise depuis au moins six ans. Après avoir évolué entre 61 et 64 milliards de FCFA entre 2020 et 2024, les revenus du transporteur d'électricité reculent ainsi sous l'effet de cette révision tarifaire. Créée en 2015 et opérationnelle depuis 2019 sur les activités de transport et de gestion du réseau, la Sonatrel tire l'essentiel de ses revenus des redevances facturées pour l'acheminement de l'électricité. Son principal client est désormais la Société camerounaise d'électricité (Socadel), qui a succédé à Eneo.
Les comptes mettent également en évidence la persistance des difficultés de recouvrement auprès de ce client stratégique. La Sonatrel indique n'avoir encaissé que 8,48 milliards de FCFA de Socadel en 2025, contre 20,73 milliards un an auparavant. L'entreprise précise que son client continue d'invoquer les importantes créances qu'il détient lui-même sur l'État pour expliquer ces retards de paiement, tout en se disant confiante quant à une amélioration de la situation depuis la reprise d'Eneo par l'État.
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Dans ce contexte, le résultat net poursuit lui aussi son repli pour s'établir à 1,1 milliard de FCFA, contre 1,7 milliard en 2024, son niveau le plus faible depuis six ans. Cette contraction reflète à la fois la baisse des revenus liée au nouveau tarif de transport et un environnement financier toujours marqué par les difficultés de paiement dans la chaîne de valeur du secteur électrique.
Cette situation intervient alors que le gouvernement entend accélérer les investissements dans les infrastructures de transport d'électricité, indispensables à l'évacuation de la production attendue des futurs barrages, notamment Kikot et Grand Eweng. Le Compact énergétique national prévoit d'ailleurs d'ouvrir davantage ce segment aux partenariats public-privé afin de mobiliser 12,5 milliards de dollars de financements supplémentaires d'ici à 2030.
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