Le Cameroun a vu son déficit commercial s’envoler au second trimestre 2025. D’après les comptes nationaux trimestriels de l’Institut national de la statistique (INS), le solde extérieur négatif s’est établi à 726,1 milliards FCFA, contre 410,8 milliards FCFA à la même période en 2024, soit 315,3 milliards FCFA de plus. Ce déséquilibre s'est accentué de 397,4 milliards de FCFA comparé au premier trimestre de l'exercice 2025, soit deux fois plus que le déficit affiché entre janvier et mars 2025.
Selon les données détaillées par l’INS, l’aggravation du déficit commercial repose sur une double dynamique défavorable. D’abord, les importations ont atteint un niveau record de 1 415,4 milliards FCFA au deuxième trimestre 2025, en hausse de 8,2 % sur un an et de 16,7 % par rapport au premier trimestre. Cette progression est essentiellement portée par la flambée des achats de biens, qui se sont établis à 1 308,8 milliards FCFA (+13,9 %), alors même que les exportations de services reculaient à 140,7 milliards FCFA (-6,4 %). Les secteurs les plus dynamiques incluent les produits issus de la transformation agricole (+70,2 %), l’industrie des boissons (+63,6 %), le textile (+27,6 %), les industries chimiques (+27,4 %) et la fabrication de meubles (+24,8 %).
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D'autre part, les exportations se sont effondrées à leur plus bas niveau depuis début 2024, atteignant seulement 689,3 milliards de FCFA au second trimestre 2025. Cette chute représente une contraction sévère de -23,1 % par rapport à la même période en 2024, et de -22,1 % en glissement trimestriel. « La baisse des exportations de biens est entraînée par la chute des exportations de pétrole brut, du bois grumes et des produits de l’agriculture d’exportation notamment le cacao en fèves, le coton et le caoutchouc », note le statisticien gouvernemental.
Cette situation démontre une faible compétitivité des exportations et une dépendance excessive aux produits transformés importés et confirme la nécessité de mesures structurelles, allant au-delà de la réglementation des changes, pour encourager l’import-substitution et diversifier/industrialiser l'offre d'exportation.
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