En 2024, les comptes de la Société Immobilière du Cameroun (SIC), bras opérationnel de l’État en matière de politique de l’habitat, ont été gelés à la suite d’un avis à tiers détenteur émis par la Direction des Grandes Entreprises (DGE), en charge de la fiscalité des grandes sociétés. Les états financiers de l’entreprise publique révèlent qu’au moment de la saisie, elle détenait plus de 6,4 milliards FCFA répartis dans six banques (CBC, Société Générale, UBC, Banque Atlantique et CCA-Bank). Au 31 décembre 2024, la SIC affichait une dette fiscale cumulée de 2,66 milliards FCFA, comprenant 1,23 milliard de TVA, 1,23 milliard d’impôts retenus à la source, 172,9 millions au titre de l’impôt sur les sociétés pour l’exercice 2024, auxquels s’ajoutent 29,03 milliards FCFA d’arriérés liés à l’impôt sur les revenus des capitaux mobiliers (IRCM), aux droits de timbre et à l’impôt sur les revenus non commerciaux (IRNC).
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Le document ne précise pas à quelle période de l’année les comptes ont été saisis, mais souligne que le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a dû intervenir. « Par décision du 31 décembre 2024, le ministre des finances a autorisé le mandatement des impôts concernés, permettant la levée des blocages début janvier 2025 ».
Bien qu’ayant été régularisé, cet incident a affecté la capacité de gestion quotidienne de l’entreprise puisqu’elle s’est retrouvée contrainte de financer son activité via du découvert. En 2024, le poste « crédits de trésorerie » de la SIC a bondi de 69 %, passant de 121,8 millions à 205,4 millions FCFA. Disposant d’un découvert autorisé de 100 millions FCFA auprès de la CBC, assorti d’un taux d’intérêt annuel de 13 %, la société s’est ainsi retrouvée contrainte de financer ses besoins courants à crédit.
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Cette situation n’a pourtant pas entamé la rentabilité de la SIC. Au terme de l’exercice 2024, son bénéfice net a atteint 592,7 millions FCFA, contre 213,9 millions un an plus tôt, soit une envolée de 177 %. Le chiffre d’affaires a légèrement progressé à 3,53 milliards FCFA, porté essentiellement par les revenus locatifs (2,99 milliards FCFA, soit 84,7 % du total), la vente de sept appartements dans la Résidence du Mfoundi à Yaoundé (306,7 millions FCFA) et les frais de gestion immobilière liés à son contrat avec le MINDHU (78,2 millions FCFA).
L’un des principaux défis de la SIC reste le recouvrement des créances, une part importante de ses locataires ne s’acquittant pas régulièrement de leurs loyers. Le principal débiteur n’est autre que l’État et ses démembrements, dont les arriérés dépassent 7 milliards FCFA. Une situation qui fragilise le financement de l’entreprise publique et pèse directement sur sa trésorerie.

