La Raffinerie Moderne d’Afrique Centrale (RAFMAC), qui produit et commercialise les marques de savons "Sanet", et d’huile raffiné "Net Oil" veut construire une nouvelle usine de raffinage d’huiles végétales à Babenga, dans l’arrondissement de Dibombari, région du Littoral. Le projet, révélé dans un communiqué du ministère camerounais de l’Environnement, devrait entrer dans la phase d’évaluation environnementale et sociale.
Le document exploité par EcoMatin indique que les « audiences publiques consacrées à l’étude d’impact environnemental et social détaillée du projet […] se tiendront du 31 août au 5 septembre au prochain ». L’objectif étant de recueillir les observations des populations riveraines et des différentes parties prenantes avant la poursuite du projet.
Lire aussi : Cameroun : le producteur des savons "Sanet" multiplie par cinq le capital de son huilerie
Rafmac exploite déjà à Bonabéri, quartier industriel et résidentiel de Douala, une raffinerie d’une capacité journalière de 200 tonnes. Cette nouvelle implantation devrait permettre à la société de renforcer son ancrage locale et sécuriser son développement quelques mois après que Rafmac a considérablement renforcé ses capacités financières. En décembre 2025, les actionnaires de la raffinerie ont fait passer le capital social de 1,84 milliard à 9,735 milliards FCFA. L’opération, réalisée par conversion de créances en capital, avait été accompagnée d’un changement à la tête de l’entreprise, avec la nomination de Tedom Tewoto Bonaventure comme président directeur général.
Llire aussi : Saisie immobilière : un actif de la savonnerie NOSA mis en vente pour 775 millions FCFA à Yaoundé
Avec sa future usine, Rafmac devrait renforcer son positionnement sur un marché où la matière première se fait rare et la demande progresse plus vite que l’offre locale. En effet, Avec une production annuelle d’environ 450 000 tonnes d’huile de palme brute pour des besoins nationaux supérieurs à un million de tonnes, le Cameroun affiche un lourd déficit qui contraint les industriels à l'importation. Selon l’Institut national de la statistique, ces achats internationaux de matière première ont bondi de plus de 87 % en un an pour atteindre 130 564 tonnes (contre 69 719 tonnes l'année précédente), représentant une facture de 92,2 milliards de FCFA.
Malgré cet apport, l'offre globale reste insuffisante pour satisfaire la demande des ménages et des entreprises (raffineries, savonneries) dont les capacités installées sont estimées à 1,2 million de tonnes. En conséquence, les industriels ne fonctionnent souvent à moins de 50 % de leurs capacités.
Lire aussi : Huiles végétales : au Cameroun, le soja et le coton à l'épreuve du déficit d'huile de palme













