Le projet hydroélectrique et solaire de Bini à Warak coûtera finalement plus du double de son budget initial. Selon le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, son coût est désormais estimé à 393 milliards de FCFA, contre 182 milliards prévus lors de la signature du financement avec l'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) en 2017. Sa mise en service est également repoussée à 2033.
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Contactée, l'entreprise britannique Savannah Energy, qui a repris le projet en avril 2023 après le retrait du groupe chinois Sinohydro, n'a pas souhaité commenter ces nouvelles échéances. Cette envolée du coût prévisionnel s'expliquerait toutefois par la reconfiguration du projet. Initialement conçu autour d'un aménagement hydroélectrique de 75 MW et d'une ligne de transport de 225 kV, le site intégrera désormais une composante solaire. En marge du Salon Promote, organisé à Yaoundé en février 2024, Joseph Pagop Noupoué, président du conseil d'administration de Savannah Energy Plc, rappelait que le gouvernement camerounais avait validé dès décembre 2023 cette évolution vers un mix énergétique, portant la capacité installée à 95 MW.
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Pour mémoire, le projet est à l'arrêt depuis 2019, à la suite de la suspension du financement par l'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), qui reprochait à l'État camerounais d'avoir engagé des discussions avec un autre établissement financier. Ce nouveau report contraste avec les prévisions avancées il y a deux ans par Joseph Pagop Noupoué, qui annonçait une première production d'électricité « dans la fourchette 2027-2028 » afin de répondre à la demande croissante dans les régions septentrionales. Il précisait alors que Savannah Energy devait actualiser le projet, compléter les études de faisabilité et travailler avec les principaux acteurs du secteur électrique ainsi qu'avec les institutions de financement et de développement afin de préparer la reprise des travaux.
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Le président Paul Biya s'était lui aussi montré optimiste. Dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2023, il annonçait une reprise du projet dès 2024.
Après le retrait du financement chinois, le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, avait indiqué que la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (BID) étaient appelées à devenir les nouveaux partenaires financiers du projet, dans le cadre d'un partenariat public-privé. Toutefois, à l'occasion du lancement de l'exécution du budget de l'État 2026, le 13 janvier dernier, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a reconnu l'existence de blocages financiers, tout en se voulant rassurant. « Il y a juste eu des problèmes avec le bailleur de fonds, mais ces problèmes vont être réglés », avait-il déclaré, sans préciser de calendrier.
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Une fois achevé, le complexe hydroélectrique et solaire de Bini à Warak devrait accroître de plus de 50 % les capacités actuelles du réseau électrique alimentant les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord.
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