Dans trois ans, le Cameroun aurait toujours du mal à respecter le ratio de soutenabilité de la masse salariale. Par définition, c’est un indicateur qui mesure la capacité d’un Etat à supporter sa masse salariale à partir des recettes fiscales mobilisées. En zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, République centrafricaine et Guinée équatoriale), ledit critère de convergence est admis à 35%. Selon le Document de programmation économique et budgétaire élaboré par le ministère camerounais des Finances (Minfi), il s’établirait à 35,2% en 2027 après 36,6% en 2026 et 38,4% en 2025. La même source indique que le Cameroun a enregistré 38,4% en 2022 puis 37,8% en 2023 et devrait atteindre 38% en 2024.
Lire aussi : Cameroun : la masse salariale annoncée en hausse de près de 200 milliards de Fcfa en 2025 (+11,8%)
A l’observation, le Cameroun serait légèrement essoufflé par rapport à la maîtrise de la masse salariale malgré l’explosion annoncée des revenus des impôts. Le ministère des Finances projette dans ce sens, 5 238,8 milliards de Fcfa de recettes fiscales en 2027 contre 3 998,7 milliards de Fcfa attendues en 2024 soit un bond de 1 240,1 milliards de Fcfa en trois ans (+31%). Par contre, les dépenses de personnels passeraient de 1 487,8 milliards de Fcfa en 2024 à 1 815, 6 milliards de Fcfa en 2027 pour une augmentation projetée de 327,8 milliards de Fcfa (+22%).
Relevons tout de même que le ratio de soutenabilité de la masse salariale repose sur deux hypothèses. D’abord, il pourrait davantage s’éloigner de 35% au cas les objectifs des recettes fiscales ne sont pas atteints tandis que les effectifs ; par conséquent les salaires évolueraient de manière rapide. Le Cameroun respecterait cette norme communautaire à l’effet inverse.
Lire aussi : Loi de finances 2024 : au Gabon, le gouvernement approuve une révision à la hausse du budget à 4 493,4 milliards de Fcfa
Rappelons que le ratio masse salariale rapporté aux recettes fiscales n’est pas le seul critère qui menace le Cameroun. A en croire le Rapport d’exécution du budget 2022 dressé par la Direction générale du Budget (DGB), le solde budgétaire de référence (différence entre le solde budgétaire global [différence entre les recettes budgétaires dons compris et les dépenses publiques totales] dons compris et les ressources pétrolières à épargner, Ndlr) a été supérieur à -1,5% et s’est établi à -811,6 milliards (-2,9% du PIB) après -2,5% du PIB en 2021. La même année, le pays n’a pas respecté le critère de non-accumulation des aérés de la dette publique. De plus, depuis 2022, le taux d’inflation s'est accéléré atteignant 6,3% soit plus du double de seuil communautaire (3%) puis 7,4% en 2023 et 7% attendu en 2024. Le Cameroun ne reviendrait à la norme qu’en 2027 d’après les objectifs du gouvernement de Yaoundé.











