Selon une source proche du dossier, Delta Resources et Libyan Foreign Bank mobilisent un investissement de plus de 200 millions de dollars (environ 120 milliards de FCFA) pour engager l’exploitation du gisement de fer de Nkout, dans la région de l’Est du Cameroun, avec un démarrage prévu d’ici début 2027. La production initiale s’établit entre 1 et 2 millions de tonnes par an et cible un minerai à haute teneur, autour de 65 % de fer. Cette qualité, dite “direct shipping ore” (DSO), correspond à un minerai directement exploitable dans les hauts fourneaux sidérurgiques, sans transformation préalable lourde, ce qui réduit les coûts et accélère la commercialisation.
Les partenaires canadiens et libyens tablent sur évacuation initiale du minerai par transport routier (Camions) vers le port en eau profonde de Port de Kribi. La mise en exploitation reste liée à la finalisation du cadre juridique avec l’État camerounais. La source indique que les opérations dépendent de la signature de la convention minière et de l’octroi du permis d’exploitation, qui doivent préciser la répartition des parts, les engagements des investisseurs et le régime fiscal. « Le dossier est désormais à la Présidence de la République pour validation », précise-t-elle.
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Ces éléments interviennent alors que le projet revient au centre de l’agenda public après plusieurs années d’attente. Le 27 mars, à Djoum, le ministre par intérim des Mines, Fuh Calistus Gentry, annonce une signature imminente et un basculement rapide vers la phase industrielle. Doté de réserves prouvées de 600 millions de tonnes, extensibles à 1 milliard de tonnes, pour une durée d’exploitation d’au moins 50 ans, Nkout s’impose comme un actif structurant. Le choix d’un démarrage sur du minerai à haute teneur permet une entrée en production rapide et moins capitalistique, mais limite les volumes en l’absence d’infrastructures ferroviaires. Pour l’État, les retombées attendues concernent les recettes fiscales, l’emploi local et l’activité logistique autour de Kribi, sans que les paramètres financiers détaillés ne soient encore publiés.
Ces avancées prolongent les négociations engagées en décembre 2025 entre le gouvernement et un consortium conduit par Delta Resources, aux côtés de Fomento Resources, KIOCL Limited et VPR Mining. Selon des documents consultés, Libyan Foreign Bank a déjà investi près de 280 millions de dollars (environ 168 milliards de FCFA) dans l’exploration des permis de Nkout et Ntem, pour un engagement global dépassant 400 millions de dollars (environ 240 milliards de FCFA) avant la suspension des activités.
La relance de Nkout s’inscrit dans la stratégie de valorisation du potentiel ferrifère du Cameroun, estimé à environ 10 milliards de tonnes. Après plusieurs années de blocage, le projet entre dans une phase décisive, avec un enjeu central : transformer un potentiel géologique en production effective.
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