Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Cemac : la stratégie des banques pour résister au durcissement de la politique monétaire de la Beac

L’encours des titres émis par les Etats ne cesse de progresser, malgré la volonté de la banque centrale de restreindre l’accès aux financements. C’est que, grâce à la posture qui consiste à intensifier les prêts interbancaires, les banquiers de la sous-région, qui opèrent comme SVT sur le marché des valeurs du trésor, réussissent à résister à la politique d’assèchement des coffres-forts mise en place par la Beac. Explications.

Publiée dimanche 28 juillet 2024 à 14:18:17Modifiée samedi 3 août 2024 à 10:48:13Temps de lecture 6 minPar René Ombala

Image de l'article

Le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), devenu l’un des principaux pourvoyeurs de financements aux six Etats de la Cemac (Cameroun, Gabon, Tchad, RCA, Congo, Guinée équatoriale) depuis son lancement en 2011, est une nouvelle fois très dynamique depuis le début de l’année 2024. Selon le communiqué qui a sanctionné la dernière session du Conseil de surveillance de la cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT) de la Beac, tenue le 26 juin 2024, l’encours des titres émis sur ce marché à fin avril 2024 a de nouveau progressé de 14,1% sur un an, atteignant 6 663,9 milliards de Fcfa. Dans le même temps, souligne le communiqué, « la moyenne annuelle des taux de couverture des émissions a progressé de 343 points de base, passant de 75,64% à 79,07% ». Seul bémol sur ce tableau plutôt reluisant des performances de ce marché, « le coût moyen des émissions s'est accru de 5,67% à 6,37% pour les BTA (bons du trésor assimilables) et de 8,49% à 8,62% en ce qui concerne les OTA (obligations du trésor assimilables) ».

Lire aussi : Marché des titres publics : les levées de fonds de trois pays de la Cemac déclarées infructueuses

En d’autres termes, malgré la politique monétaire d’austérité mise en place par la Beac pour restreindre l’accès aux financements par les agents économiques, parmi lesquels les États, le volume de financements mobilisé sur le marché des titres publics de la Cemac ne cesse de croître. Mieux, à fin avril 2024, les émetteurs réussissaient à mobiliser jusqu’à 79% de leurs besoins, contre seulement 75,6% sur la même période en 2023. Seuls les taux d’intérêts exigés par les investisseurs ont progressé, sous l’effet des différentes mesures prise par la banque centrale pour assécher les coffres-forts des établissements de crédit (elles sont agréées et opèrent comme spécialistes en valeurs du trésor ou SVT sur le marché des titres), afin de combattre l’inflation dans l’espace Cemac.

Parmi ces mesures d’austérité, il y a la hausse progressive, depuis fin 2021 des taux directeurs de la Beac. A cette mesure visant à limiter le refinancement des banques commerciales aux guichets de la banque centrale, il faut ajouter la suspension des opérations d’injection de liquidité dans le circuit bancaire de la Cemac, puis l’intensification des ponctions de liquidité dans les coffres-forts des banques. Mais, visiblement, même si elles induisent le renchérissement des emprunts sur le marché des titres publics, ces mesures d’austérité n’ont échaudé ni les banques-SVT, qui sont toujours très actives sur le marché, ni les États, qui demandent toujours plus de financements et ont revu à la hausse la rémunération de leurs emprunts, pour s’adapter à la nouvelle réalité du marché.

La solution du marché interbancaire

Au demeurant, pour parvenir à garantir la disponibilité de la liquidité, en dépit des restrictions imposées par la banque centrale, les banques-SVT ont trouvé une parade : le marché interbancaire. Il consiste, pour les banques appartenant au même groupe ou alors à des groupes bancaires différents, de se prêter de l’argent entre elles, pour pouvoir satisfaire les besoins de financements de leurs clients. En effet, révèle le rapport de politique monétaire de la Beac, alors qu’au premier trimestre 2024 « les réserves brutes du système bancaire de la Cemac, avant les opérations monétaires, ont régressé de 14,3 % » et que « l’encours des opérations de reprise de liquidités du système bancaire a progressé de 36,9 milliards de Fcfa » sur la même période, les emprunts interbancaires, eux, ont augmenté.

« La contraction de la liquidité décrite plus haut a également eu des répercussions au niveau du compartiment interbancaire, avec une augmentation des échanges en nombre et en volume. En effet, l’encours des transactions de prêt de liquidité interbancaire est passé de 407,6 milliards en janvier 2024 (dont 272,2 milliards d’opérations de pension-livrée et 135,4 milliards d’opérations en blanc) à 613 milliards en avril 2024 (dont 452,3 milliards d’opérations de pension-livrée et 160,8 milliards d’opérations en blanc). En avril 2023, il s’élevait à 556,6 milliards (dont 377,9 milliards d’opérations de pension-livrée et 150,4 milliards d’opérations en blanc) », révèle le rapport de politique monétaire de la Beac, publié fin juin 2024.

Lire aussi : Emprunts obligataires : pourquoi le Gabon et la Bdeac sont en difficulté sur le marché financier de la Cemac

Sur la foi de ces chiffres de la banque centrale, l’on peut remarquer que le marché interbancaire est dopé par les opérations de « pension-livrée ». Il s’agit d’une technique de financement interbancaire offrant de solides garanties de remboursement, dont le cadre juridique a été adopté par le Comité de politique monétaire de la Beac le 18 décembre 2014. Elle consiste en un échange de titres négociables contre de la trésorerie entre deux banques, pour une période déterminée. Cette transaction exige la signature d’une convention entre les parties, qui permet au prêteur de se voir automatiquement transférer la propriété des titres mis en garantie par l’emprunteur, une fois la date du remboursement de la créance échue. « On n’a même pas besoin d’aller devant un tribunal pour obtenir ce transfert de propriété », faisait souvent remarquer Aboubakar Salao, alors cadre de la banque centrale.

Lire aussi : Beac : comment le resserrement de la politique monétaire a fait reculer l’inflation dans la Cemac

Fort de la sécurité qu’elle offre, la pension-livrée est de nos jours présentée (et cela est confirmé par les chiffres cités plus haut) comme le principal catalyseur du développement du marché secondaire des titres publics de la Beac ces dernières années. Ceci dans la mesure où, grâce à la pension-livrée, les banques-SVT peuvent y échanger en toute sécurité les titres acquis sur le marché primaire, contre de la liquidité leur permettant de satisfaire les besoins de financements de la clientèle. Y compris dans un contexte de politique monétaire d’austérité, que la Beac a décidé d’atténuer depuis le mois de juin 2024, grâce à la reprise de ses opérations d’injection de liquidité dans le circuit bancaire de la Cemac.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Cemac : la stratégie des banques pour résister au durcissement de la politique monétaire de la Beac
BEACCeamcsecteur BancairePolitique monétaireArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Bill Nkemla, Directeur Général de CCA-Bank HoldingBanques et FinanceCCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au CongoL’offensive africaine annoncée par CCA-Bank commence à prendre forme. Le ministre congolais des Finances, Christian Yoka, a autorisé l’ouverture d’une succursale de la banque au Congo. Une étape qui intervient quelques mois après un important renforcement de ses capacités financières.il y a 19 heuresMinistère de l'Economie et des Finances de BrazzavilleBanques et FinanceCongo : les banques signalent leurs limites face à l’accumulation des titres publicsPour desserrer cette dépendance, Brazzaville veut désormais élargir sa base d’investisseurs et rendre ses obligations plus liquides sur le marché secondaire.​il y a 22 heuresWhatsApp Image 2026-09-14 at 08.51.51Banques et FinanceClément Kemayou et Bogni Ngueya, le tandem chargé de transformer NOFIAAprès avoir piloté pendant un an le redressement de NOFIA comme administrateur provisoire, Bogni Ngueya en prend désormais la direction générale aux côtés de Clément Kemayou, nommé président du conseil d'administration. Le tandem hérite d'une microfinance recapitalisée à 8,2 milliards de FCFA et affiche déjà une nouvelle cible : rejoindre le Top 5 camerounais.il y a 23 heuresNofiaBanques et FinanceMicrofinance : NOFIA sort de l’administration provisoire et vise le top 5 du marché camerounaisPlacée sous administration provisoire par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) en septembre 2025, NOFIA S.A. retrouve une gouvernance normale. La microfinance camerounaise sort de douze mois de restructuration avec un capital porté de 1,2 à 8,2 milliards de FCFA et un portefeuille à risque ramené de 32,39 % à moins de 4 %.​​il y a 23 heuresLes Dirigeants de Bamboo Microfinance et d'Africa Bright Securities Présentent l'OpérationBanques et FinanceBamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAMille FCFA pour une obligation. Bamboo Microfinance casse les codes du marché obligataire de la CEMAC. Présentée aux investisseurs à Douala, son émission de 5 milliards de FCFA entend notamment élargir l’accès à ce type de placement.il y a 3 joursWhatsApp Image 2026-09-12 at 11.44.15 AMBanques et FinanceCEMAC : pour Charlotte Kouecheu, des banques mieux capitalisées peuvent davantage financer l’économiePrendre davantage de risques, financer des projets plus ambitieux et mieux absorber les défauts… Pour Charlotte Kouecheu Chekep, DG d’Union Bank of Cameroon, le passage du capital minimum des banques de 10 à 25 milliards de FCFA peut faire plus que consolider leurs bilans.il y a 3 jours

Articles similaires

EpremiumChristian YokaRPolitiques PubliquesCongo : les intérêts de la dette publique vont bondir de 46 % en 2027Brazzaville devrait consacrer près de 350 milliards de FCFA au paiement des intérêts de sa dette en 2027. Une facture alimentée notamment par les échéances d’anciens emprunts et le recours croissant au marché régional des titres publicsil y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 5 jours2Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 4 jours3CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 19 heures4Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 3 jours5Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 6 jours6Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 19 heures7La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 6 jours8La Centrafrique sollicite les banques pour racheter 10 milliards FCFA de dette sur le marché des titres publicsil y a 4 jours9Bamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAil y a 3 jours10RD Congo : les débuts de Tradex contrariés par la démolition d’une station à Kinshasail y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.